Guillaume apollinaire le colchique

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  • Publié le : 6 mai 2010
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Introduction : Dans ce poème, la femme est associée à une fleur, la colchique. Mais cette fleur est vénéneuse, c’est un poison. C’est donc l’inverse du mythe de la femme fleur. Ce poème a été pour la première fois publié le 15 novembre 1907 dans le journal la Phalange. C’est un poème d’inspiration allemande rédigé en 1901 qui vient après les poèmes de la chanson du mal aimé. On est face àun échec amoureux. A la même époque, il rencontre Annie Playden. Chez Apollinaire, le sentiment d’être mal aimé est constitutif de sa nature même.

Problématique : Comment Apollinaire réutilise t il un mythe ancien à travers une forme poétique nouvelle ?

Dans ce commentaire le poète compare la femme qu'il aime à une fleur belle, mais vénéneuse : le colchique.
Cette femme aux yeux bleus estjolie et séduisante mais elle fait souffrir le poète d'un mal mortel en ne répondant pas à son amour, comme s'il goûtait à un colchique qui contient du venin.
Dans ce poème, le poète établit le parallélisme entre la nature et son monde intérieur. De ce fait, il décrit ce qu'il voit autour de lui en le ramenant à sa douloureuse expérience. Enfin, on ce poème montre tout le désespoir et laprofonde souffrance du Mal-Aimé.

I. Le poète nous peint d'abord son mal et décrit sa bien-aimée à travers de nombreuses images du domaine de la nature

II. Les Colchiques est une élégie sur un ton d'amère résignation à l'échec

I- L’utilisation d’un mythe
Pour dire que l’amour est un poison dont il faut s’éloigner, Apollinaire réutilise le mythe de la femme fleur déjà utilisé par Ronsard. Maisdans cette comparaison, l’amour de la femme est toujours une souffrance.
A- La fleur présentée comme un poison
Les colchiques sont des plantes des prés qui sont un poison violent pour les hommes et les animaux. Le verbe « s’empoisonne » revient deux fois dans le poème. Une correspondance s’établit entre les vaches et le poème. Il existe un autre point de comparaison : c’est la notion de tempspour symboliser la conséquence qui peut être la mort (lentement, tout doucement). La relation se fait autour du verbe empoisonner et de l’adverbe lentement pour insister sur la lenteur des animaux et de la mort. On a un sentiment d’étirement de quelque chose dont on ne voit pas la fin, de délitement. L’amour ne va t il pars se défaire avec le temps.
B- La présence de la femme et l’inversion dumythe
C’est étonnant que la femme soit présente. La présence du regard qui tue et fascine est récurrente chez Apollinaire. La femme est présentée à travers le regard (yeux, paupières). C’est un dialogue à une seule voix, la parole du poète qui s’adresse à la femme aimée. Il y a une construction en miroir : les animaux s’empoisonnent par la fleur et le poète s’empoisonne aussi. Il y a un étiolementde l’amour qui devient un faux-amour .
Adieux faux amour confondu
Avec la femme qui s’éloigne
Avec celle que j’ai perdue
L’année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus
La chanson du mal aimé
L’autre élément féminin, c’est les mères filles de leurs filles : au printemps, le colchique donne des fruits et des fleurs en automne, il y a inversion du temps et de la logique par unretour paradoxal. Les yeux sont comme des fleurs, les fleurs sont des mères filles de leurs filles. Les vers 10-11-12 sont des vers libres à 14 pied : c’est l’extension maximale de l’alexandrin qui permet d’introduire une autre comparaison : les paupières sont comparées aux fleurs. Donc les paupières et les fleurs vont se flétrir puisqu’elles battent. Le vers s’étire comme l’amour s’étire, comme lafleur flétrit par le battement du vent. Aux vers 5-6, la comparaison est faite entre la fleur et les yeux. Les yeux sont comme la fleur qui est violette comme les cernes des yeux et comme l’automne. Les suffixes –âtre (violâtre) est péjoratif mais le pluriel –s apparente les yeux aux cernes.
La couleur concerne plus les yeux. Au vers 4, le colchique couleur de cerne et de lilas répond en chiasme à...
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