Gustave flaubert

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« L’artiste doit s’arranger de façon à faire croire à la postérité qu’il n’a pas vécu »
(à Louise Colet, 27 mars 1852).
1821
Naissance d’un enfant chez les Flaubert, de Rouen : l’aîné, Achille (comme son père, successeur désigné) a déjà huit ans ; deux autres sont morts en bas âge ; le cinquième se présente un 12 décembre à 4 heures du matin. Vivra-t-il ? En attendant de le savoir, on leprénomme Gustave. « Je suis né à l’hôpital (de Rouen — dont mon père était le chirurgien en chef ; il a laissé un nom illustre dans son art) et j’ai grandi au milieu de toutes les misères humaines — dont un mur me séparait. Tout enfant, j’ai joué dans un amphithéâtre. Voilà pourquoi, peut-être, j’ai les allures à la fois funèbres et cyniques. Je n’aime point la vie et je n’ai point peur de la mort » (àMlle Leroyer de Chantepie, 30 mars 1857). « Quels étranges souvenirs j’ai en ce genre ! L’amphithéâtre de l’Hôtel-Dieu donnait sur notre jardin. Que de fois, avec ma sœur, n’avons-nous pas grimpé au treillage et, suspendus entre la vigne, regardé curieusement les cadavres étalés ! Le soleil donnait dessus : les mêmes mouches qui voltigeaient sur nous et sur les fleurs allaient s’abattre là,revenaient, bourdonnaient ! (...) Je vois encore mon père levant la tête de dessus sa dissection et nous disant de nous en aller. Autre cadavre aussi, lui. » (à Louise Colet, 7 juillet 1853). Le père Flaubert a trente-sept ans ; la mère, Justine-Caroline née Fleuriot, vingt-huit : elle descend d’une Cambremer de Croixmare, que la nièce de Flaubert confondra avec l’illustre famille du même nom. Flaubertcrut-il au sang bleu du côté maternel ? Bouvard et Pécuchet retrouveront trace de l’ascendance de leur auteur : « L’arbre généalogique de la famille Croixmare occupait seul tout le revers de la porte » (Bouvard et Pécuchet, chap. 4). Voilà pour la famille apparente, celle qui lui fait écrire, à vingt-six ans : « Je ne peux pas m’empêcher de garder une rancune éternelle à ceux qui m’ont mis aumonde et qui m’y retiennent, ce qui est pire » (à Louise Colet, 21 janvier 1847). Quant à la famille réelle, généalogie de l’imaginaire : « Malgré le sang de mes ancêtres (que j’ignore complètement et qui sans doute étaient de fort honnêtes gens ?), je crois qu’il y a en moi du Tartare, et du Scythe, du Bédouin, de la Peau-Rouge. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il y a du moine » (à Louise Colet, 14décembre 1853). Ce 12 décembre 1821, tout au plus fit-il semblant de naître pour la première fois et de venir au monde, alors qu’il y revenait : « J’ai vécu partout par là [en Grèce], moi, sans doute, dans quelque existence antérieure. — Je suis sûr d’avoir été, sous l’empire romain, directeur de quelque troupe de comédiens ambulants, un de ces drôles qui allaient en Sicile acheter des femmes pour enfaire des comédiennes, et qui étaient, tout ensemble, professeur, maquereau et artiste » (à la même, 4 septembre 1852). 1824
Naissance de Caroline, sœur aimée, compagne de jeu, partenaire au théâtre, dans les pièces démarquées du répertoire que Gustave monte sur le billard (table de jeu). 1825
Julie entre au service des Flaubert, comme nourrice, puis domestique. Elle y restera cinquante ans :c’est la mesure du temps provincial : le « demi-siècle de servitude » de Catherine Leroux décorée dans Madame Bovary, le « demi-siècle » de dévouement de Félicité, dans Un cœur simple, hommage à Julie. Elle materne Gustave jusqu’à sa mort : « Je satisfais mes besoins de tendresse en appelant Julie après mon dîner, et je regarde sa vieille robe à damiers noirs qu’a portée maman » (à sa nièce, 18 janvier1879). Elle survivra trois ans à Flaubert. 1829
Début de l’amitié avec Ernest Chevalier. « Je suis dévoré d’impatience de voir le meilleur de mes amis celui avec lequel je serait toujours amis nous nous aimerons, ami qui sera toujours dans mon cœur. Oui ami depuis la naisance jusqua la mort » (1829-1830 ; sic pour les fautes). 1831
À peine sait-il lire qu’il écrit. « Ami je t’en veirait...
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