Guy de maupassant (1850-1893), le horla, 1887, « la nuit », extrait. commentaire

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  • Publié le : 21 avril 2010
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Guy de Maupassant (1850-1893), Le Horla, 1887, « La nuit », commentaire

Commentaire :
Introduction : Disciple de Flaubert, Guy de Maupassant (1850-1893) a côtoyé les écrivains réalistes et les naturalistes du groupe de Médan. Il est l'auteur de plusieurs romans, Boule de Suif (1880), Bel ami (1885), Une Vie (1883), de contes et de nouvelles. Son plus célèbre recueil de nouvelles, intitulé LeHorla, fut publié en 1887.
Dans ces nouvelles qui nous peignent une conscience maladive, angoissée, la nuit semble être un des moments propices à cette dérive de l'être. Cet extrait central de la nouvelle « La nuit » nous fait découvrir un narrateur qui, bien qu'il semble apprécier ces moments nocturnes, éprouve soudain une sensation étrange en parcourant Paris.
Nous pourrons essayer decomprendre pourquoi ce récit glisse peu à peu vers une imagination fantastique.
Le passage décrit ainsi un tableau poétique de la ville, mais aussi contrasté. Cette contradiction semble s'expliquer par le changement d'état d'esprit du narrateur.

I – Une description poétique mais pleine de contrastes :
a) un récit autobiographique et réaliste : le texte est écrit au passé et alternedescription, comme dans le premier paragraphe avec l'emploi de l'imparfait et de la troisième personne, et narration avec l'utilisation du passé simple pour pouvoir suivre le cheminement du narrateur et la première personne qui nous permet de connaître ses sentiments et ses réactions. Comme dans tout texte autobiographique, l'auteur utilise parfois du présent d'énonciation, « je ne sais plus », maistrès parcimonieusement (deux fois seulement). Il emploie également à deux reprises du présent de vérité générale, dans la dernière phrase du premier paragraphe ainsi que dans la seconde phrase du troisième, à chaque fois pour traduire une sorte d'impression contemplative, qu'il semble vouloir faire partager au lecteur. D'autre part, il lui permet aussi de suivre assez précisément son itinéraire, ens'appuyant sur des éléments réalistes, des noms propres, un lexique important de la ville, « café », « théâtre », « boulevard », « quartier », « station », « avenue », « becs de gaz », etc., qui donne un caractère authentique à son récit. Mais c'est sans doute pour faire mieux ressortir le caractère poétique de la ville nocturne.
b) une peinture lumineuse et métaphorique : En effet, la perceptionet la contemplation de cette cité inondée de lumières, suggérée par l'expression « Je m'arrêtai... pour regarder... », suscitent aussitôt une imagination éblouissante de beauté. Les champs lexicaux de la lumière et du feu viennent alimenter les nombreuses métaphores et les comparaisons : ainsi des « cafés flamboy[ants] », de la « barrière du feu de la rampe », « des arbres phosphorescents », ouencore des « foyers d'incendie dans les feuillages ». Cette peinture impressionniste, l'auteur emploie l'attribut « peints » dans la fin du second paragraphe, est renforcée par de nombreux adverbes d'intensité, « tant », répété trois fois ou « si », qui donnent un caractère hyperbolique à cette description. On découvre alors une ville mythique, miroir du monde et du cosmos, d'où l'évocation des« planètes », de la « lune », des astres » ou encore du « ciel ». qu'accompagne un lexique très riche de la hauteur, « là-haut », « lustres », « arbres », « balcons », « globes », « becs de gaz ». C'est par ces « correspondances » chères à Baudelaire que Paris devient une myriade de constellations, par l'emploi d'opposition, « depuis les planètes jusqu'aux becs de gaz », de coordinations, « la haut etdans la ville », « la longue avenue... , et les astres », de comparaison, « les globes électriques, pareils à des lunes éclatantes », de métaphore, « avenue étoilée ». La clarté et les couleurs chaudes sont mises en valeur, notamment le « jaune », avec les « œufs », la « lune », les « ors » et bien entendu les « feux ». Enfin les oxymores « nuits luisantes » et « ténèbres... lumineuses » font...
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