Hannah arendt : la crise de la culture

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AUREY Xavier
Date de création : Date de dépôt : Niveau : 01.03.2005 05.06.2005 BAC + 5

Hannah Arendt : La crise de la culture

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AUREY Xavier

DEA de Philosophie du Droit

Hannah ARENDT, La crise de la culture.
Etude Critique

« Si j’ai raison de soupçonner que la crise du monde d’aujourd’hui est essentiellement politique, et que le fameux "déclin de l’Occident" consiste essentiellementdans le déclin de la trinité romaine de la religion, de la tradition et de l’autorité […] alors les révolutions de l’époque moderne apparaissent comme des tentatives gigantesques pour réparer ces fondations » (p.183).

Perdues au milieu de La crise de la Culture (Between past and future – 1961), un recueil d’articles de Hannah Arendt parus à l’origine dans diverses revues américaines, cesquelques lignes semblent pourtant résumer les questions qui traversent ces écrits.

Fille d’une famille juive allemande, Hannah Arendt conservera toute sa vie un engagement lié à ses origines. Chargée par Blumenfeld en 1933 de recueillir les témoignages de la propagande antisémite, elle est arrêtée par la Gestapo puis relâchée faute de preuve. Elle fuit en France puis aux Etats-Unis où elle publiera lamajeure partie de son œuvre. Pourtant devenue citoyenne américaine, elle ne s’empêchera pas de critiquer à la fois le Marxisme et la société américaine qui favorisent les écarts entre la pauvreté des uns et la richesse des autres.

Et c’est une partie de ces critiques qui servira de fondement aux articles publiés dans La crise de la Culture.

Dans son ouvrage précédent, La condition del’Homme moderne (The Human Condition – 1958), Arendt éclaire l’antique vision grecque de la vertu civique et souligne les problèmes soulevés par cette question dans la vie politique moderne. Elle évoque la liberté d’agir et d’introduire de la nouveauté dans le monde face aux processus objectivement déterminés du comportement humain et de la nécessité historique. De même, elle aborde la question desconditions de l’action individuelle. Tant la liberté que son absence se manifestent au sein d’interactions entre personnes, et les actions sont justifiées seulement au regard des règles communes de co-existence.

A l’instar d’Aristote et Heidegger, Arendt met en avant la dimension communicante des interactions humaines et explore les concepts de travail et de productivité comme des modes de la vie encommun des hommes. Mais à la différence de ce dernier, elle révèle l’importance de l’espace public pour l’affirmation des hommes dans la communauté politique. La politique, pour Arendt, est l’exercice de sa liberté dans le discours ou l’action et elle met en avant le bref moment de démocratie limitée qu’a vu la Cité athénienne comme un modèle pour cette activité de citoyenneté responsable.Arendt continue de développer ces thèmes dans l’ouvrage que nous étudions ici et elle tente d’apporter des explications aux crises pathologiques qui minent notre monde moderne. Ce livre se présente sous la forme de huit exercices de pensée politique. Arendt y montre comment des concepts politiques et des principes (la liberté, l'autorité, le pouvoir, la tradition, etc.) ont une significationseulement dans la mesure où ils motivent une action humaine délibérée. Elle indique que le jugement humain est formé par la mise en relation de l’action et de la pensée et elle propose de combler le vide entre la vie de pure contemplation (vita contemplativa) et la citoyenneté engagée et responsable (vita activa).

Introduit par une citation du poète René Char, « Notre héritage n’est précédé d’aucun...
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