Harry potter

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  • Publié le : 2 mars 2011
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La plupart des lecteurs attendent qu’un livre les distraie de leur quotidien. Selon leurs goûts, ils choisiront, dans ce but, un roman sentimental, policier, de science fiction, d’espionnage ou encore d’horreur. La principale caractéristique de cette littérature est d’être accessible à tous par la simplicité du vocabulaire et de la syntaxe. Il s’agit de retenir l’attention sans exiger un groseffort de concentration. L’espace de quelques heures, le livre joue le rôle d’écran entre le lecteur et son environnement. C’est pourquoi les romans de Mary Higgins Clark ont un tel succès : un suspense bien construit, axé sur le sort de la victime, des personnages stéréotypés et une fin heureuse sont les ingrédients qui assurent au lecteur un moment d’évasion. Dans le roman policier où le personnageprincipal est l’enquêteur, le lecteur devient actif et essaie d’élucider le mystère avec les indices dont il dispose. Agatha Christie est le maître incontesté de ce genre et ses romans vendus dans les grandes surfaces et les kiosques ont toujours leurs inconditionnels. Mêmes points de distribution et même succès pour les romans sentimentaux : ceux-ci rappellent au lecteur le conte de fée oùl’héroïne malheureuse est sauvée par le prince charmant. La collection Harlequin s’est spécialisée dans ce type de littérature « à l’eau de rose » qu’elle destine à un public féminin. Ainsi, on vend du rêve aux lectrices dont le quotidien est souvent fort différent de celui des protagonistes. Flaubert déjà montrait l’influence pernicieuse de tels romans sur son héroïne, Emma Bovary, devenue incapabled’accepter la réalité. Le roman sentimental « distrait » au sens où Pascal l’entendait : il nourrit l’imaginaire d’illusions et peut devenir une fuite, un « divertissement » dangereux. Mais aujourd’hui, l’heure est plutôt à la magie… L’immense succès des quatre tomes du jeune sorcier Harry Potter devient un phénomène sur lequel s’interrogent les sociologues. Comme dans la plupart des contes, un enfant,confronté aux difficultés de l’homme, va surmonter les épreuves initiatiques pour devenir adulte. Sur cet archétype, J.K. Rowling introduit des éléments modernes, comme la critique de la société de consommation. Sa vision du monde est simple : d’un côté, les mauvais sorciers qui recherchent le pouvoir, de l’autre, les bons qui défendent une cause humaniste. Il en ressort un idéal qui implique deschoix et qui est peut-être la raison du succès dans un monde où les modèles se font rares. Là encore, la lecture distrait petits et grands à coup de bons sentiments – mais aussi d’humour – dont manquent nos sociétés basées sur la concurrence.

Cette littérature est souvent discréditée par les institutions. On lui oppose celle qui « éduque », inscrite en priorité dans les programmes scolaires.Que nous apprend la lecture des classiques ? Montaigne, déjà, se posait cette question et y répondait : dans sa « librairie », ce grand lecteur a appris que le savoir des autres doit « se digérer » si l’on veut qu’il nous fortifie. « Quand bien nous pourrions être savants du savoir d’autrui, au moins sages ne pourrions-nous être que notre propre sagesse » (I, 25). Ainsi, à condition de ne pasrépéter simplement ce que d’autres ont écrit, la littérature affine notre jugement, nous apprend à réfléchir sur notre vie et sur nous même.
Les Essais de Montaigne, par exemple, nous enseignent un art de vivre, issu de sa propre expérience : la vraie sagesse pour cet humaniste réside dans la mesure, afin de « jouir loyalement de son être ». Au siècle suivant, Molière, Racine ou La Fontaine veulentcorriger les mœurs. La littérature alors devient un pédagogue moraliste: Molière fustige l’égoïsme de ceux qu’une manie obsède ; il fait rire des ridicules et des vices et nous apprend la modération en nous mettant en garde contre les Tartuffe, les Dom Juan, les profiteurs ou les médecins peu scrupuleux.
Racine dépeint les ravages de la passion amoureuse et du pouvoir ; il veut inspirer la...