Hazazbza

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  • Publié le : 28 novembre 2010
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Nous observons que ce texte esD’abord le travail comme moyen, dont l’examen fait l’objet de la première partie. Cette idée du rôle du travail a beau être la plus répandue (« un souci commun à presque tous les habitants »), voire être semble-t-il le bien des sociétés considérées comme avancées (« des pays de civilisation »)... Elle n’en est pas moins ouvertement critiquée par Nietzsche. Maispourquoi ? Quoi de plus logique que de « chercher un travail pour le gain », c’est-à-dire en vue d’une rémunération, d’un profit pécuniaire et matériel ? Le matériel ne semble pas être en soi une activité plaisante, nous l’opposons nettement au loisir ; travailler, c’est produire les biens et les services nécessaires à la vie, c’est une activité contrainte et contraignante, pénible et fatigante ; quiaccepterait de travailler sans être payé ? Ne faut-il pas du reste avoir le « souci » d’être bien payé, pour ne pas avoir le souci d’être sans ressources, et pour pouvoir profiter agréablement du temps libre ?
Nietzsche indique-t-il d’abord que le lien entre le travail et le gain est contingent et non nécessaire : « c’est maintenant » que l’on cherche un travail en vue du gain et que le travail« a cessé » d’être cherché pour lui-même. Le texte ne donne aucune précision : à quelle époque, à quelle société Nietzsche se réfère-t-il ? Il faudra y revenir. Mais manifestement la « preuve par l’histoire » n’intéresse pas beaucoup Nietzsche ; comme la suite du texte va le montrer, choisir un travail pour le gain dénote un état d’esprit plus qu’une époque. Et un petit esprit ! En effet, choisir untravail pour le gain, c’est considérer le travail comme « un moyen » et non comme « un but en lui-même » : si le but est le gain, le travail n’a donc de finalité; il ne vaut pas pour lui-même, seul vaut cette autre chose que lui, en vue de quoi il est fait : l’argent qu’il permet de gagner. Mon travail a alors un prix, mais pas de réelle valeur ; il n’aurait de valeur que si mon but était, entravaillant, de faire mon travail, gratuitement en quelque sorte ; sa finalité serait alors propre. Il faudrait donc travailler seulement si on aime son travail, sans se focaliser sur la rémunération du travaille exercé. (« Pourvu qu’ils aient gros bénéfice »), l’homme pourrai effectuer un travaille ennuyeux, voir au détriment de leur santé. Une forte dénonciation du matérialisme

Dès lors, ne seméprend-on pas sur le rôle du travail lorsqu’on le réduit à être un moyen de gagner de l’argent ? Ne doit-on pas plutôt attendre de son travail qu’il soit une source d’accomplissement de soi ? La deuxième partie du texte a pour objet, justement, l’analyse et la mise en valeur de cet idéal.
Il faut d’abord souligner combien la vulgarité d’âme des uns fait ressortir la noblesse spirituelle desautres ! Le texte parle de « natures plus rares » (« contre le souci commun à presque tous »), de « difficiles » (contre les « peu difficiles » de la ligne 4), d’une élite donc, d’une aristocratie morale (l’ « aristos » en grec est « le meilleur ») ; pour qui c’est « le travail même », la « joie » vécue dans un travail aimé en tant que tel qui est le seul véritable gain ; gain spirituel qui l’emporte surtout autre gain (« le gain des gains »). Au regard du gain qu’est cette joie, le « gros bénéfice » que le commun recherche, le « gain abondant », n’est pas grand-chose ! Le texte retourne, même, l’opinion commune sur ce point : ces difficiles sont « des gens qui ne se contentent pas de peu » ! Mais que l’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas seulement de « bien aimer » son travail. C’est d’unchoix radical qu’il s’agit, sur le mode de « ou la joie (au travail) ou la mort » (« qui aiment mieux périr que travailler sans joie »). Mieux vaut ne pas travailler, quitte à mourir puisque sans ressources, que se nier soi-même dans un travail où l’on ne peut s’accomplir.
Mais qui sont, alors, ceux qui « font partie de cette rare catégorie humaine ? » Quel est donc leur travail ? Dans un...
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