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  • Publié le : 12 mai 2010
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DISSERTATION

Henri Barbusse, Le Feu, 1916

INTRODUCTION

Le Feu de Henri Barbusse (1873-1935), publié dès 1916, est le reflet de l’hécatombe du conflit qui a engagé un grand nombre de nations entre 1914 et 1918 et que l’on a nommé la Première Guerre Mondiale après 1945. Ce roman autobiographique, qui reçu en hommage le prix Goncourt, relate la vie des Poilus dans les tranchées de Soisson,de l’Argonne et de l’Artois et illustre l’absurdité intrinsèque de toute guerre. Ainsi, à première vue, il semble que Le Feu s’inscrit dans un idéal de paix alors même que le conflit fait rage, ce qui atteste de l’audace de son auteur, écrivain combattant. Cependant, Luc Rasson, dans son livre Ecrire contre la guerre: littérature et pacifisme publié en 1997, estime que «Le Feu ne pouvait ques’inscrire dans ce que Barbusse lui-même appelait la «bataille des idées», mais pas forcément de façon univoque» et que «la lecture pacifiste «du Feu n’exclut pas l’interprétation patriotique». Les termes utilisés révèlent une contradiction: en effet, le «pacifisme» est une idéologie qui prône la paix entre les états tandis que le «patriotisme» est un sentiment qui lie l’individu à la communauté danslaquelle il est né et a été élevé et pour laquelle il montre un dévouement extrême, ce qui se traduit en temps de guerre par un dévouement militaire. Ici, il s’agit plutôt du caractère sentimental du patriotisme.
Nous allons nous interroger sur l’importance de la lutte contre la guerre qui divise les Hommes ainsi que sur la place accordée au rassemblement et au triomphe de la vérité dans ce romande guerre.
Nous étudierons successivement l’esprit pacifiste dominant, la mise en abyme du patriotisme au sein du roman et celle qui dépasse le contenu du roman pour s’inscrire dans une contre-propagande.

1ERE PARTIE : UN ESPRIT PACIFISTE QUI DOMINE

Barbusse a certainement mûrement réfléchi au titre qu’il allait donner à son roman de guerre. Son choix s’est porté sur un titre bref mais trèsévocateur«Le feu» qui fait référence aux flammes de l’enfer et qui désigne la guerre en elle-même; l’on devine alors aisément qu’il va s’agir d’un réquisitoire contre la guerre.

1 . Critique de la guerre

En effet, Barbusse réalise une critique violente de la guerre en évaluant la cruauté du quotidien des Poilus. Cette cruauté est largement évoquée par une misère matérielle. La vie dans lestranchées est faîte d’insalubrités continues qui passent par la cohabitation avec des rats, une odeur suffocante, des bruits à vouloir en devenir sourd. Barbusse, au chapitre intitulé «Dans la terre», décrit les tranchées: «On distingue de longs fossés en lacis où le résidu de nuit s’accumule. C’est la tranchée. Le fond en est tapissé d’une couche visqueuse d’où le pied se décolle à chaque pas avecbruit, et qui sent mauvais autour de chaque abri, à cause de l’urine de la nuit. Les trous eux-mêmes, si on s’y penche en passant, puent aussi, comme des bouches». Plus loin, il évoque les bruits qui l’encerclent «Tac! Tac! Pan! Les coups de fusils, la canonnade» et, par la voix de Blaire, la saleté «j’suis pas sale comme ça dans le civil». Mais le quotidien des Poilus, c’est aussi l’omniprésencedes poux, des maladies et l’impossibilité de s’entretenir: dès leur réveil, les camarades de tranchées du narrateur se grattent à cause des «gos» et Volpatte constate même qu’il a «attrapé la crève» tandis que des hommes sont «encrassés de poils non rasés», ce qui d’ailleurs a valu le surnom de «Poilus» aux soldats de la première guerre mondiale.
De plus, la nourriture est quelques foisinexistante et souvent précaire: concoctée par des cuisiniers à la propreté douteuse, elle est froide à cause du temps qu’elle met à arriver jusqu’à l’escouade et même en faible quantité puisqu’elle est rationalisée, question d’économie de guerre. Alors quel bonheur lorsqu’ils parviennent à se procurer, lors d’un repos, «des frites (...) des petits pois en conserve (...) une boîte de veau en gelée»;...
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