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  • Publié le : 16 mai 2010
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*Lazare Ponticelli, le dernier poilu de France, est mort

Lazare Ponticelli, mort mercredi 12 mars à l'âge de 110 ans, ultime survivant de la Grande Guerre, voulait "porter le souvenir de ses camarades" morts au front, lui dont la vie s'apparentait à un roman. Ses obsèques nationales seront célébrées lundi 17 mars au matin.
Lazare Ponticelli, lors d'une cérémonie commémorantl'Armistice de la Première Guerre Mondiale, au Kremlin-Bicêtre le 11 novembre 2006.
Au lendemain du décès, le 20 janvier, de l’avant-dernier survivant de la Grande Guerre, Louis de Cazenave, Lazare Ponticelli avait finalement décidé d’accepter des obsèques nationales, « au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes ».
Interrogé par le quotidien Le Parisien, le dernier poilu avait posécomme condition que ce soit « dans la dignité, sans tapage important, ni grand défilé ». Avec la disparition de Lazare Ponticelli, mercredi 12 mars, au domicile de sa fille Jeanine, au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, c’est toute une page de l’histoire de France qui se tourne.

Sa jeunesse constitue avant tout le symbole d’un des pires combats de l’histoire. Sa vie, ensuite, n’a étéqu’humilité. Lazare Ponticelli n’avait de cesse de dire que son sacrifice ne fut pas pire que celui de toute sa génération d’anciens combattants ou des millions de morts de Verdun, de la Somme, et de tous les autres face-à-face guerriers entre 1914 et 1918. Il n’empêche. Il en restera, pourtant, dans les mémoires et dans les livres, le dernier témoin, le dernier survivant et, à ce titre, la figureemblématique.
En fait, toute la vie de Lazare Ponticelli aurait pu inspirer bien des œuvres romanesques. « Si je n’ai pas eu peur de périr dans les tranchées, nous confiait-il en juillet 2005, confortablement installé dans le salon de son pavillon du Kremlin-Bicêtre où il habitait depuis 1920, c’est que je ne demandais peut-être qu’à mourir. Vous savez, avec la vie que j’avais connue jusque-là… »Lorsque Lazare Ponticelli s’engage, à 16 ans, dans le premier régiment de marche étranger, au début de l’été de 1914, c’est, dit-il, autant pour remercier la France qui l’avait accueilli que « pour ne pas mourir de faim ». Il raconte son ventre vide depuis sa naissance, à la veille de l’un des derniers Noël du XIXe siècle, et les jours d’épreuves de sa famille.
Ce 24 décembre 1897, sa mère étaitsortie ramasser de la nourriture pour les bêtes dans le petit village de Cordanni, en Émilie-Romagne, dans le nord de la péninsule italienne. Il naîtra dehors, au beau milieu de la nuit, en pleine tempête de neige, début tumultueux d’une enfance erratique. Un signe peut-être.
Zola aurait pu imaginer et écrire la suite : le père qui se prive de nourriture pour ses enfants et qui meurt de faiblesse ;la mère qui doit partir chercher du travail avec ses frères et sœurs et qui le laisse seul en Italie. Et Lazare qui finit, avec les quelques sous gagnés à garder des bêtes, par gagner la France sans l’aide de quiconque, son « chemin vers le paradis ». Il a neuf ans.

« On a déjà un Ponticelli »
Ce chemin-là, nombre d’immigrés italiens l’ont suivi. Comme eux, il vivotera comme petit ramoneur.Lorsqu’il bat le pavé devant la caserne du premier régiment de marche étranger, boulevard Richard-Lenoir, à Paris, au début de l’été 1914, il a grandi. Lazare a 16 ans.
« Je veux m’engager », lance-t-il. « On a déjà un Ponticelli », s’entend-il répondre. Diable ! Mais les retrouvailles familiales empruntent parfois de curieux détours. Cet autre Ponticelli, c’est un de ses frères, perdu de vuedepuis si longtemps. Les bras s’ouvrent. Ils seront finalement incorporés ensemble.
Première garde de nuit à un barrage sur la route de Vitry-le-François (Marne). Une voiture arrive, feux éteints ; elle ne s’arrête pas, en dépit des sommations. Lazare tire et blesse… un général français. Il n’est encore qu’un gamin et, évidemment, l’affaire paraît grave. Mais le conseil de guerre, bien disposé,...
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