Histoire de l'art du jardin

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  • Publié le : 25 mars 2011
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L’HISTOIRE DES JARDINS

Introduction

Étymologiquement, physiquement et ontologiquement, le jardin est un enclos : une entité découpée dans le territoire rural ou urbain, individualisée et autonome ; et pourtant il n’existe que par rapport à la totalité dans laquelle il s’insère, qu’il s’agisse d’un domaine foncier, d’un territoire géographique ou du cosmos tout entier, ce qui fait du jardin,pour reprendre les termes de Foucault, à la fois « la plus petite parcelle du monde » et « la totalité du monde ».
Un jardin commence dès l’instant où une volonté humaine impose une fin immédiatement sensible aux « objets naturels », c’est-à-dire à ce qui naît, croît et meurt selon les lois de la nature. Il est une mise en ordre du monde.

Le jardin d’Eden

Le jardin d’Eden, jardin sacré dela création, est décrit dans la Bible, Genèse,2,8 :
« Yavhé planta un jardin en Eden, à l’orient, et il y plaça l’homme qu’il avait formé. Yavhé fit germer du sol tout arbre d’aspect attrayant et bon à manger, l’arbre de vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance de qui est bon ou mauvais. Un fleuve sortait d’Eden pour irriguer le jardin ; de là il se partageait pour former quatrebras. L’un d’eux s’appelait Pishôn : c’est lui qui entoure le pays de Hawila où se trouve l’or – et l’or de ce pays est bon – ainsi que le bdellium et la pierre d’onyx. Le deuxième fleuve s’appelait Guilhôn ; c’est lui qui entoure tout le pays de Koush. Le troisième fleuve s’appelait Tigre ; il coule à l’orient d’Assour. Le quatrième fleuve, c’était l’Euphrate. Yavhé prit l’homme et l’établit dans lejardin d’Eden pour cultiver le sol et le garder. Et Yahvé fit à l’homme ce commandement : « tu peux manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la Connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »

(Bosch, jardin des Délices)

Les jardins de Mésopotamie

L’existence des jardins suppose celle d’une agriculture déjàmaîtresse de ses techniques, des hommes capables d’imposer à la nature une fécondité qui ne lui est pas toujours donnée. Il semble que le « jardin » soit né en Mésopotamie, plus de trois mille ans avant notre ère, lorsque l’acclimatation du palmier permit de ménager des zones de végétation.
Les palais s’entourent de parcs royaux agrémentés de nombreuses fleurs, de pièces d’eau, de pavillons de repos… ;Construits en 600 avant J.-C., les jardins suspendus de Babylone sont considérés par les auteurs antiques comme de l’une des sept merveilles du monde.
Ils sont établis sur des terrasses, selon une technique que les archéologues ont su retrouver. Des plans superposés constituent autant de promenades, dont chacune est ombragée de palmiers ; le sol, rapporté, est formé de terre fertile, isolépar une feuille de plomb de la maçonnerie qui soutient la terrasse. L’eau, montée jusqu’à la terrasse supérieure par des chaînes sans fin, provenait de puits, toujours alimentés par la nappe issue du fleuve. Elle redescendait ensuite soit en s’infiltrant à travers le sol et en gagnant des conduites de drainage, soit en véritables ruisseaux et cascatelles, qui étaient l’un des charmes de ces culturesvéritablement miraculeuses – ce que doit toujours être, et apparaître, un jardin, c’est-à-dire une nature merveilleusement féconde et belle –, une nature créée grâce au travail des hommes et à la bénédiction des dieux. Les jardins de Babylone sont en rapports évidents avec le culte de la déesse Ishtar, la Vénus babylonienne, divinité de l’Amour et de la Vie.

(Gravure, dessin et vue defouilles)

Les jardins d’Egypte

Au cours du IIe millénaire avant notre ère, l’Égypte, de son côté, découvrit les jardins. Ces jardins, comme toute l’agriculture de ce pays, peuvent être considérés comme un « don du Nil ».
Les jardins d’Égypte étaient d’abord des vergers et des vignes, dont les lignes perpendiculaires dessinaient un damier dans les mailles duquel se plaçaient tout naturellement...
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