Histoire de l'industrie saint etienne

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  • Publié le : 21 octobre 2009
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Lucie Martin Licence géographie INTRO
Marquée par une milieu difficile d’accès (Saint-Etienne est l'une des deux seules grandes villes d'Europe à être à plus de 500 mètres d'altitude, elle est semée de collines aux pentes très raides et bloquée entre les Monts du Lyonnais au nord et le massif du Pilat au sud, ce qui rend le climat particulièrement froid), rien ne laissait supposer ledéveloppement de la ville avant le dynamisme de la période industrielle. Saint-Étienne fut d’ailleurs longtemps une ville secondaire, moins influente que Montbrison, qui fut préfecture avant elle, et même que Feurs, chef-lieu de la Loire de 1790 à 1795. Ce n'est qu'en 1855 que Saint-Étienne, en raison de son rapide développement industriel et démographique, devint cheflieu du département. Saint-Etienne tiresa fierté et son attrait touristique du travail des hommes, de sa mémoire industrielle. La ville est d’ailleurs labellisée, Ville d’Art et d’Histoire pour son patrimoine du XIX ème et XXème. Charbon, cycles, armes, rubans : Saint-Etienne s’est développée grâce à la présence de charbon, d’une eau d’excellente qualité et d’un bon air et s’est enrichie pendant un siècle en s’appuyant sur un réseaud’artisans et de grandes entreprises renommées. Cependant, depuis les années 1970, les industries stéphanoises ont connu un déclin, symbolisé par la fermeture des mines de charbon, et la ville a connu un important repli économique et démographique. Mais cette métropole (390 000 habitants au total) située entre le Lyonnais et l’Auvergne est en pleine mutation. Cette ville réputée attachante,chaleureuse, accueillante regarde aujourd’hui vers l’avenir.

I. Un passé industriel fort
a) Une industrie très ancienne : textile, moulinage et scierie
La passementerie a concerné plus d'ouvriers à St Etienne qu'aucun autre secteur d'activités. Après 1730, profitant du déclin de la fabrique lyonnaise, une trentaine de fabricants de rubans s'installent. A la fin du XVIIIème les fabriques de St Etienne etSaint-Chamond produisent 1/6ème de la soierie française. C'est à cette époque que les notables rubaniers critiquent l'arrivée des premières implantations minières sur leur région qui abîment leur image de marque. Avec l'adoption des métiers à la "zurichoise" en 1750 à Saint-Chamond (permettant de tisser jusqu'à 24 pièces) soutenue financièrement par le Roi, la région prend une place décisive enEurope. Le ruban s'exporte partout dans le monde et jusqu'en 1857 entre 1/4 et 1/3 de la production part à destination des Etats Unis. Hormis certaines concentrations de tissage comme les frères GIRON à St Etienne, fabricants de velours de 1867 à 1979, la passementerie ligérienne fonctionne à domicile et en famille. Mais le textile c'est aussi la diffusion d'inventions : - le métier JACQUARD,adapté en 1815 par Antoine BEGON pour la rubannerie stéphanoise. - la 1ère machine à coudre réalisée par THIMONIER à St Etienne en 1830 L'après première guerre mondiale ouvre une courte période de forte croissance. Pendant 2 ans, la fabrique stéphanoise occupe pratiquement seule le marché mondial du ruban, les concurrents allemands étant ruinés par la guerre.

Toutefois, l'entre deux guerre marque ledébut du déclin (refus de produire des articles de moindre qualité donc moins cher, retour des concurrents, crise économique de 1929 ). En 1932 75% des rubaniers sont chômeurs à St Etienne. Dans les années 1950-60, le marché est en surproduction, les exportations stéphanoises s'effondrent. La mondialisation et la délocalisation des productions dans les pays du 1/3 monde ont confirmé cettesituation. De 1 100 entreprises en 1974 l'on est passé à 589 début 1998. Il reste aujourd'hui les fabrications de rubans de mode haut de gamme.

Au début du XIXème siècle, c’est aussi 85 000 moulins à eau qui fonctionnent sur les rivières de France. Les rivières du Pilat ne font pas exception, notamment celle de l’Argental qui a fait fonctionner jusqu’à une dizaine de moulins. Les scieries sont...
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