Histoire des deux indes , diderot et raynal

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  • Publié le : 10 mai 2011
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Abbé Raynal et Diderot « Histoire des deux Indes »

L’Abbé Raynal et Diderot ont écrit ce texte. Diderot est un philosophe du XVIIIe siècle qui est connut pour avoir dirigé l’encyclopédie. L’Abbé Raynal quant à lui est un philosophe qui a abandonné son sacerdoce (statut religieux), pour se consacrer à la philosophie. Ses idées sont anticolonialistes et anticléricales (il est opposé àl’institution de l’Eglise). Cet ouvrage l’a même conduit à s’exiler. En quoi le dialogue est-il un choix qui permet de combattre l’esclavage, un choix judicieux ? On va voir la progression des arguments. Tout d’abord la situation d’énonciation, le dialogue entre les deux personnes : le colon favorable à l’esclavage ou un esclavagiste, et un philosophe au sens large du terme. Le philosophe fait une plusou moins longue tirade, il met en avant l’esclavagiste pour mieux réfuter tous ses arguments.

I. Débat d’idées

Il y a une série de réfutations du texte adverse avec des connecteurs logiques d’opposition « mais », qui est perceptible par la forme du texte. C’est un registre polémique : une argumentation fondée sur une attaque de la thèse adverse. Nous allons voir la structure dutexte, réplique par réplique.

La thèse de l’interlocuteur A est celle selon laquelle les esclaves sont nés pour l’esclavage, il donne des arguments : la nature de l’espèce. « Ses esclaves » : terme universel, ils sont « bornés » (ligne 2) : c’est une vérité générale. Il prend appuie sur l’aveu même des esclaves qui les disent supérieurs. Il reprend à son compte le discours de l’esclave :« eux-mêmes ». Puisque les esclaves l’admettent, pourquoi un européen viendrait remettre en cause l’esclavage ? C’est une mauvaise fois de l’interlocuteur. L’interlocuteur B, ne remet pas en cause tout ce qu’à dit l’interlocuteur A. Pour preuve, il reprend terme à terme tout ce qu’à dit son interlocuteur. Cependant, le but est de le contrer : c’est une concession. En effet, c’est le fait d’admettre lepropos de son adversaire pour mieux renforcer son argumentation. Cela permet de remettre en cause la thèse de départ, c'est-à-dire que les nègres sont par nature des hommes destinés à être esclaves. L’interlocuteur B fait vraiment une critique systématique : aucun aspect des termes de l’argumentation de A n’est oublié. A reproche aux nègres d’être fourbe, B dénonce les européens du même défaut.Il y a un renversement des jugements de valeur puisque pour A, les nègres sont fourbes : traîtres. On note le champ lexical « criminel politique », « ruse », « rien négligé pour », « vil ». Les européens reprochent aux nègres leur propre défaut. Il y a donc une absurdité des européens qui leur reproche leur traîtrise.

A, resserre sa proposition. Ce n’est plus les nègres en général. Ceuxqui sont nés en « captivité », sous la domination d’un maître. B, à l’inverse de A, ne resserre pas sa proposition mais il généralise. Il élargit l’échelle. Il généralise et utilise des termes juridiques, de droit, de propriété. Un homme qui est propriétaire d’un autre : il n’y a pas de droit qui le permet. Il utilise donc une argumentation par analogie : il rapproche le phénomène dont on parled’une autre réalité qui est plus familière au destinataire. Il compare le rapport entre maître et esclave. Il rapproche d’autres cas de figure, homme / souverrain, femme / mari, domestique / maître et nègre / colon. L’idée que tous les hommes sont égaux, la liberté de l’individu. Le fait qu’il soit méprisant le rend méprisable. Le comportement des européens à des conséquences sur leur image puisque lemépris qu’ils renvoient aux nègres les rend dignes de mépris.

« A » fait ensuite une concession : s’il est libre, il a le droit de faire ce qu’il veut et donc de se vendre. A, de nouveau, utilise les propos des victimes de l’esclavage. Les nègres sont responsables de leur propre situation, ils n’avaient qu’à refuser ou monter les prix. Ils ont accepté c’est donc de leur faute. Ils...
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