Histoire du pays basque

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  • Publié le : 24 mars 2011
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HISTOIRE DU PAYS BASQUE

INTRODUCTION
Marignan: 1515; Prise de la Bastille: 14 juillet 1789; Waterloo: 1815...... autant de dates de batailles, de noms de rois et de dates de règnes que des générations d'élèves ont dû et doivent encore digérer, avec au mieux le souci d'obtenir une bonne note, au pire (et le plus souvent) la sensation de remuer de vieux faits rébarbatifs et poussiéreux. Quelintérêt pouvait trouver un jeune Kanak à étudier l'arbre généalogique des Valois, même si son professeur s'était évertué à lui faire comprendre que ses ancêtres n'étaient pas Calédoniens mais de bien rudes et bien blonds guerriers gaulois?Aujourd'hui encore, que peut bien penser un élève basque du Guipuzcoa lorsqu'on lui vante la grande nation espagnole, lui qui n'a pas connu son grand-père, mortalors qu'il combattait les troupes de Franco lors du siège d'lrun? Comment en vouloir à ces jeunes qui ne voient pas en quoi des évènements produits à des centaines de kilomètres de chez eux peuvent bien les concerner, et qui ne comprennent pas pourquoi aucun de leurs ancêtres n'a de place dans les livres scolaires. Les Kanaks, les Basques, les Creeks, n'ont-ils donc pas d'Histoire? N'en auront-ilsque s'ils parviennent, comme les Irlandais, à se doter d'un Etat et par conséquent du droit à une "Histoire officielle"?
D'histoires oubliées à des histoires parallèles
Depuis quelques décennies, des historiens ou improvisés tels ont commencé à étudier ces "Histoires oubliées"; longtemps taxés de séparatisme, de récupération idéologique, ils n'en sont pas moins parvenus à diffuser l'idée queles peuples que l'on présente comme minoritaires possédaient leur propre histoire, et ont commencé à débroussailler ces champs volontairement laissés en friche par la Grande Histoire. D'Histoires oubliées, nous sommes passés à des Histoires parallèles, tolérées de fait grâce à la compétence de leurs promoteurs, mais très longtemps étouffées car considérées dangereuses pour les histoires étatiques.Cela explique que l'enseignement de ces histoires ne soit possible que par la volonté de certains professeurs avec toutes les limites liées aux exigences des programmes officiels.
Se pencher sur l'histoire d'un peuple dit minoritaire (en l'occurrence ici du peuple basque) est donc souvent un acte personnel, qui revêt selon chacun une importance particulière. Pour toute personne qui s'intéresse àl'actualité notamment politique, le recours à l'histoire est fondamental: comment comprendre les débats entourant le Statut d'autonomie de la Communauté Autonome Basque sans savoir que durant des siècles les Basques ont vécu selon des institutions populaires qui leur étaient propres, et qu'ils sont toujours parvenus à imposer, à leurs rois comme aux pouvoirs extérieurs? Comment comprendre le poidséconomique des coopératives au Pays basque en ne sachant rien des modes d'organisation sociale communautaires qui structurent la société basque depuis des millénaires? Pour un militant quelconque, qui est censé (s'il ne veut pas se sentir manipulé) savoir sur quels éléments s'appuie son engagement, il est indispensable qu'il possède parfaitement l'histoire de l'idée ou du projet politique qu'ildéfend. On n'imagine pas un partisan du département Pays basque ignorant tout du cheminement de cette revendication depuis 1790 et des divers arguments qui l'ont fondée...
De même il serait désolant qu'un jeune s'affirmant Basque ne puisse pas raconter, ne serait-ce que brièvement, à un candide ou à un touriste curieux, l'histoire de son pays. A l'inverse, on rencontre trop souvent de ces personnesqui fustigent tout sentiment identitaire en se fondant sur des arguments pseudo-historiques datant d'un demi siècle au moins: la Nation française, Une et Indivisible depuis Clovis voire Vercingétorix, ne connaît aucune culture minoritaire; l'euskara n'est d'ailleurs qu'un patois qu devrait disparaître pour mieux protéger une langue française menacée par la culture anglo-saxonne.
Mais enfin,...
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