Histoire du syndicalisme

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  • Publié le : 29 avril 2010
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Le mouvement syndical français
pendant la Deuxième Guerre mondiale
et à la Libération
Les scissions ; les syndicalismes catégoriels

A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, en 1939, le mouvement syndical qui s’était réunifié se trouve à nouveau divisé, c’est-à-dire avec des courants opposés. Cela provoque une nouvelle scission au sein de la CGT pendant la Deuxième Guerre mondiale.Pendant cette période, l’activité syndicale se poursuit sous des formes assez variées. A la Libération, le syndicalisme va renaître avec des syndicats plus nombreux et plus diversifiés que par le passé.

I) Le syndicalisme français pendant la Deuxième Guerre mondiale
1) Les divisions à la veille du conflit
La CGT s’est réunifiée en 1936. Dès 1937, la propagande communiste est de plus en plusforte à l’intérieur de la CGT. Du coup, la CGT se trouve avec trois tendances différentes en son sein : les communistes (qui, pendant l’entre-deux-guerres, appartenaient à la CGTU), les réformistes autour de Léon Jouhaux (que l’on a appelés, entre les deux guerres, les « confédérés ») et un troisième courant qui se forme autour d’un journal qui s’appelle Syndicats. Ce journal commence à paraître enoctobre 1936. Il a trois animateurs : René Belin, Pierre Vigne et Georges Dumoulin. L’objectif de ce nouveau courant est de lutter contre l’influence communiste et pour l’indépendance du syndicalisme. Ils voudraient aussi repenser le syndicalisme. Les divergences entre ces courants vont êtres mises en évidence lorsque les tensions internationales vont augmenter. Cela sera particulièrement vrai aumoment de la signature du Pacte germano-soviétique en août 1939. Ce pacte est un pacte de non-agression entre l’Allemagne (nazie) et la Russie (stalinienne). Par cette signature, les deux pays se trouvent placés dans le même camp. A partir du moment où ce pacte est signé, les communistes des pays occidentaux se trouvent dans une situation délicate. Les communistes se trouvent, de fait, desennemis de la France puisque (indirectement) aux côtés des Allemands. A partir de là, un certain nombre de militants de la CGT demandent que ce pacte soit condamné par leur organisation. Cette condamnation n’intervient qu’en janvier 1940. Entre-temps, les communistes (de la CGT ou non) sont entrés dans la clandestinité. D’ailleurs, le gouvernement a interdit toutes les organisations communistes. On peutdonc dire que, de fait, il y a une scission à l’intérieur de la CGT. Ce n’est pas un départ volontaire des communistes, mais il n’y a plus de communistes à la CGT. Les communistes ne peuvent pas former une nouvelle organisation : c’est une scission sans création d’une nouvelle organisation. Ils se cachent. Le 3 septembre 1939, la guerre a été déclarée par la France et l’Angleterre à l’Allemagne.La moitié de la France est envahie très rapidement, et Paris tombe aux mains des nazis le 14 juin 1940. Le 10 juillet 1940, les députés de l’Assemblée nationale votent très majoritairement les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. C’est la fin de la IIIe République et le début de l’« Etat français », c’est-à-dire le régime de Vichy.

2) Le syndicalisme à Vichy
Le Nord de la France estenvahi très rapidement. Les gens se replient vers le sud. Les dirigeants syndicaux se replient à Toulouse. Là, ils constatent que l’un des secrétaires de la CGT, René Belin, est devenu ministre dans le gouvernement du maréchal Pétain. Il est ministre de la Production industrielle et du Travail. Mais, pour le moment, la vraie nature du régime de Vichy n’est pas connue. Les syndicats (dont la CGT) vontproposer leurs services au gouvernement de Vichy, qui est le gouvernement légal de la France. La CGT propose, dans le même temps, de modifier ses statuts, en enlevant la mention suivante : « faire disparaître le salariat et le patronat ». Au contraire, la CGT se propose désormais de défendre « les droits sacrés du travail, protéger la famille et contribuer à la prospérité nationale ». Si on y...
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