Histoire economique

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nECO Paris I HPE 13.02.07

Chapitre 1. Adam Smith. La richesse des nations

Le projet initial de Smith : un projet large qui dépasse les frontières de l'économie. Certes, l'économie en tant que telle n'existait pas encore. Projet qui a intéressé d'emblée l'ensemble de ce qu'on appellerait aujourd'hui les sciences humaines. Théorie des sentiments moraux, réflexion de moraliste.Qu'a t il essayé de faire dans la TSM ?
Les questions qu'y pose Adam Smith concernent la genèse des sentiments moraux. Sous jacente à cette interrogation morale, une question posée par les économistes. D'où vient que nous avons des sentiments moraux ? Le siècle des lumières est très circonspect par rapport à la théorie chrétienne de la morale. Comment un individu est amené à concevoirdes sentiments moraux ? Question sous-jacente : Qu'est-ce qui fait que nous arrivons à vivre ensemble ? Qu'est-ce qui fait que nos conflits se règlent la plupart du temps de façon pacifique ? Des réponses, à l'époque, étaient hérités de la philosophie politique du XVIe siècle : les philosophes du droit naturel. Thomas Hobbes, John Locke, dont l'influence a été considérable sur le mondeoccidental. Ces auteurs nous considéraient individuellement avec des passions, mais le fait que nous soyons des individus doués de raison allait nous permettre de vivre ensemble. Pour d'autres auteurs, la raison est quelque chose qui va servir à distinguer ce qui est vrai et ce qui est faux, mais pas ce qui est bien ou ce qui est mal. Nos passions n'ont rien à voir avec le vrai ou le faux. David Hume.Smith, étudiant à Oxford, découvre l'oeuvre majeure de Hume, le Traité de la nature humaine, considéré comme un ouvrage subversif par ses maîtres, qui lui en interdisent la lecture. Hume deviendra néanmoins l'un de ses proches amis. En dépit de divergences d'opinion, jamais l'amitié ne sera démentie, à tel point que Smith sera exécuteur testamentaire de Hume. Nos sentiments, nos sensations, sontquelque chose sur laquelle notre raison n'a qu'une emprise limitée : cette thèse de Hume, est quelque chose que Smith accepte très difficilement.
Exemple de la monnaie. D'abord pensée comme une institution finalisée, imposée par la raison comme réponse à une demande sociale et économique. (thèse reprise par les philosophes du droit naturel). Plus tard, on dira que personne n'a jamais eu l'idéesaugrenue d'inventer la monnaie. Personne ne s'est jamais assis autour d'une table pour dire : inventons la monnaie. Marx, Hayek, Keynes. La monnaie est le produit inintentionnel de ce que nous faisons. C'est dans cette perspective que Smith commence à aborder des questions morales et politiques. Si ce n'est pas la raison qui nous met sur la voie, qu'est-ce ? C'est bien là la question de la genèsedes sentiments moraux. Multiples tentatives de réponse. Smith a donné la réponse la plus habile, la plus astucieuse. Celui dont on se dit qu'il a été l'un des plus grands économistes, peut également être considéré comme l'un des plus grands philosophes moraux.
D'autres avaient essayé, des prédécesseurs de Smith. Il leur est difficile d'expliquer pourquoi la distinction entre le bien et lemal, c'est quelque chose qui apparaît de façon immédiate. C'est immédiat, et en plus c'est universel. D'ou vient cette immédiateté et cette universalité ? Smith y répond à l'aide d'un concept particulier, la sympathie. Très abondante littérature là dessus, souvent assez confuse. Les usages contemporains du terme ne sont pas ceux qu'utilise Smith. Il ne s'agit pas de bienveillance. On a beaucoup demal à comprendre ce qu'il raconte dans La richesse. Smith nous explique que les individus sont mus par un principe, qui est celui de l'intérêt privé. Comment ce même auteur a pu raconter deux choses différentes ? En fait la sympathie chez Smith est bien plutôt de l'empathie. Capacité à ressentir, éprouver, ce qu'autrui ressent. Aptitude a ressentir les émotions d'autrui. Hume parle de transfusion...
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