Histoires des institutions et des faits sociaux

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  • Publié le: 5 janvier 2012
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Chapitre préliminaire
LA LEGITIMATION DU POUVOIR EN ISLAM NON MAROCAIN : Les premières expériences

Entre la période de 622- 3 (P.C), date de l’établissement du Prophète à Médine, à 750(P .C), date de l’accession du pouvoir des abbassides, on assiste à l’élaboration de trois stratégies du pouvoir
* Le modèle prophétique, c'est-à-dire la pratique qui permet à Mohammed d’accéder à sonvéritable pouvoir autocratique

* La stratégie sur le thème de m’appartenance à la tribu de QOREICH qui fut celle des califes «  bien guidés » ou (AR.RACHIDOUN) qui sera combiné, à partir du calife OTHMAN puis sous les Omayades, avec une véritable théorie de droit divin

* Enfin, la stratégie basée sur l’appartenance à « la maison du Prophète » et le droit successoral. Cette stratégie futessentiellement l’œuvre de la dynastie abbasside.

SECTION 1 : LA STRATEGIE DE LEDITIMATION DU POUVOIR POLITIQUE DE PROPHETE

La qualité prophétique de Mohammed, une fois reconnue par les premiers musulmans, a servi de fondement à l’édification d’un pouvoir politique mais elle n’impliquait pas automatiquement et immédiatement une reconnaissance de l’exercice de ce pouvoir.
Depuis son arrivée àMédine et jusqu’à sa mort, le Prophète devait conclure diverses conventions afin que son pouvoir devienne progressivement global et quasiment autocratique.
En outre, la légitimité étant entièrement liée à l’idéologie et à sa pratique, le système sociopolitique proposé par la nouvelle religion allait, lui-même , faire partie de cette stratégie visant à légitimer le pouvoir du Prophète

§1 – le rôledes conventions (2) dans la légitimation du pouvoir de Mohammed

Pendant les dix années que le prophète a passées à Médine, son statut politique a considérablement évolué : d’une part les deux BAI’A de AL ‘Aqaba lui reconnurent la charte de
Médine fit de lui le chef de la Oumma dont le statut étant comparable à celui d’un Cheik de tribu ; enfin le « serment du bon plaisir » lui donna unvéritable pouvoir autocratique.
A / les deux BAI’A de AL Aqaba

Devant le refus des qoreichites de reconnaitre la prophétie de Mohammed, celui-ci essaya de porter le combat pour sa cause en dehors de la Mecque.
Profitant de la saison du pèlerinage, il contacta à plusieurs reprises les représentants de certaines tribus, mais sans succès. Ce fut le même souci qui le fit entreprendre un voyage à lacité de Taif. Mais les liens privilégiés, qu’avait celle-ci avec l’aristocratie marchande mekkoise, firent que le projet de
Mohammed connut le même échec cuisant.
En effet, les juifs dominaient la ville sur tous les plans.les tribus de Quayrah et Annadir possédaient des terres propres à l’agriculture et s’adonnaient à la fabrication des armes.

La tribu juive des Qaynuqa , habitant un village oùle métier d’orfèvre était dominant.
Les Arabes étaient leurs protégés, soit au titre de « voisins » (djiwar), soit à celui de «  confédérés » . Iles étaient repartis en deux grandes tribus, les AWS et les Khazraj, appartenant, ou supposées appartenir à un ancêtre commun. elles étaient en outre, en perpétuelle lutte, soit pour l’influence politique, soit pour l’accaparement des terres en vue del’agriculture : la tradition parle de guerres et de vendettas qui durèrent cent ans
Cet état quasi – permanent d’insécurité empêchant la ville de rivaliser avec d’autres cités, comme la Mecque ou Taif , en matière d’influence politique, religieuse ou économique , alors qu’elle jouissait d’une position géo –politique enviable.
C’est dire le service d’un homme comme
Mohammed, et de surcroit , unProphète, pouvait rendre à cette communauté déchirée et combien désireuse de sortir de son état d’infériorité.
C’est ainsi, qu’en 621 (P .C) , au terme d’une seconde rencontre , une BAI’A fut accordée au Prophète par douze personnalités des Aws et des Khazraj
La tradition baptisa cette Bai’a, le « serment des femmes » (BAI’A – T AN -NISSA). Les médinois devaient se contenter de reconnaitre...
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