Husserl, science et intuition

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  • Publié le : 21 mars 2010
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Le document à l’étude est un extrait d’un texte de Husserl exposant son point de vue sur la manière d’atteindre le développement philosophique, développement qui doit tendre vers l’universel, le transcendantal, et ce, en remettant en cause « les sciences admises jusqu’ici et tenter de les reconstruire » ligne 2-3. Dans ce texte, par cette phrase extraite, Husserl pose donc le problème dessciences induisant, de ce fait, le problème de la vérité confrontée à l’intuition, aux intuitions absolues.

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Il semble intéressant de commencer par expliquer le fondement de ce que semble abhorrer Husserl dans ce texte, à savoir, le raisonnement scientifique.
Pour la science, le monde ontologique, qui est relatif à l’être, est réduit à une étude quantitative. En effet, si le monde esthomogène par sa quantité, les formes ne deviennent exprimables que qualitativement. Par la science, l’essence d’un être n’est jamais atteinte, seule une propriété spécifique, définie par cette forme – mais qui n’est en rien son essence – est atteinte.
La démarche de raisonnement scientifique aboutissant à une loi scientifique se déroule en trois mouvements, trois phases.
Tout d’abord, il y a la phasedite de réceptivité qui correspond à l’observation d’un phénomène – En effet dans l’inductivisme, un événement observé est toujours nécessaire au raisonnement. (Exemple : L’eau, sur le feu, entre en ébullition à 100°C).
Puis vient la phase de la construction de la loi qui n’est qu’une généralisation issue des résultats de l’observation et de plusieurs expérimentations au cours desquelles il estnécessaire de faire varier les paramètres. (Pour l’exemple d’observation précédent : Variation du type de récipient contenant l’eau…). Mais cette généralisation n’est en rien, bien qu’elle soit présentée comme telle, une vérité absolue, universelle. Chez Hume, l’universalité de l’observation d’un phénomène est l’habitude. C’est l’extension de la loi au monde, à l’universel.
Enfin la troisième phaseconsiste à vérifier cette loi, un retour à l’expérience est nécessaire pour confirmer, ou le cas échéant infirmer cette loi. Durant cette phase on s’attend bien entendu à un événement, une réponse. Si la loi n’est pas infirmée elle devient alors pour son émetteur inductiviste, une loi dite apodictique, au delà de tout doute possible.
Ce processus de généralisation d’une expérience est purementdescriptif. C’est l’inductivisme scientifique. Par définition l’inductivisme scientifique ne prétend pas accéder au noumène mais à l’unité d’une loi qui rend les phénomènes nécessaires. Ainsi prédiction et explication ne peuvent prétendre être apodictiques. On devrait donc dire des théories acceptées « qu’elles ont pour l’instant résistées à la tentative faite pour les falsifier mais qu’elles nesont en aucun cas vérité », d’après Popper. C’est la falsifiabilité des théories scientifiques : Une confirmation n’est jamais une justification, mais plus les tests se révèlent être positifs, plus l’affirmation tend à être acceptable. Mais même vérifiée un million de fois, jamais l’hypothèse ne sera l’équivalent de la vérité.
La forme étudiée, qui n’est donc qu’une généralisation accidentelledes faits et non l’essence même (comme il a été expliqué plus haut), induit de ce fait la fragilité de la science et son incapacité à étudier le noumène et donc à philosopher dans le but d’atteindre un savoir universel et transcendantal ce qui est le but d’Husserl – « Elle doit […] être son savoir qui, bien qu’il tende vers l’universel […] », lignes 5-6.

C’est ainsi qu’Husserl, dans ce texteprône la renonciation des sciences pour retrouver des principes de l’intuition permettant de comprendre des phénomènes du point de vue du vécu originel. Cette renonciation est définie comme « un vœux de pauvreté en matière de connaissance » par Husserl, ligne 11.

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Pour Bergson, « L’intelligence laissée à elle-même cherche à immobiliser ce qui est mobile, à découper l’unité de la vie et...
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