Icônes sens et histoire

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  • Publié le : 25 avril 2010
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Les icônes, du grec eikôn («image»), sont des images sacrées portatives des pays orthodoxes. Elles sont exécutées à partir de matériaux divers (bois, métal, ivoire) et font appel à des techniques variées: détrempe, mosaïque, orfèvrerie, ou même broderie.

Groupées à l'intérieur de l'église orthodoxe sur l'iconostase (cloison de bois séparant les fidèles du lieu où le prêtre officie), disposéesselon un ordre établi, les icônes trouvent leur place non seulement au sein des édifices religieux de l'Empire byzantin, mais aussi dans ceux de tous les pays de religion orthodoxe, jusqu'en Russie. Souvent, elles se trouvent également à l'intérieur des habitations privées.

Un art orthodoxe

Les plus anciennes icônes remontent aux Ve et VIe siècles. Découvertes au monastère Sainte-Catherinedu Sinaï, elles ont été peintes à la cire et s'apparentent aux portraits funéraires romano-égyptiens du Fayoum, tant par la manière que par le type et l'expression intense du regard des personnages: l'Apôtre Pierre tenant les clefs du royaume de Dieu (VIe siècle, monastère Sainte-Catherine); Saint Jean- Baptiste (musée de Kiev).

Après le deuxième Concile de Nicée (787), quand prend fin la«querelle des Images», au cours de laquelle la doctrine de l'iconoclasme, soutenue dès 726 par l'empereur d'Orient Léon III, s'opposa brutalement à la représentation des êtres divins, le rôle et la signification théologique de l'icône sont clairement définis. Bien que les unes et les autres soient reconnues comme objets du culte, les icônes à scènes avaient une fonction et une origine fort différentesdes icônes à portraits. Les premières, dont le rôle est didactique, transposent en images des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament et de la vie des saints. Les secondes, qui dérivent des peintures du Fayoum, étaient considérées comme sacrées, voire miraculeuses; certaines d'entre elles qualifiées d'acheiropoïètes — non exécutées par la main de l'homme — pouvaient être jugées d'essencedivine. Dans les deux cas, les icônes sont des représentations qui, selon saint Jean Damascène, «renferment un mystère et, comme un sacrement, sont porteuses d'énergie divine et de grâces».
Les icônes byzantines

Durant des siècles, les icônes furent peintes par des prêtres qui, en ne signant pas leurs œuvres, renforçaient la puissance spirituelle de l'image. Au cours des âges, Byzance va reproduireles mêmes figures sacrées, avec des normes édictées; ainsi, au cours du XIe siècle, les moines du mont Athos réunirent, dans un traité, les instructions concernant aussi bien la technique du dessin et de l'emploi des couleurs que la représentation des personnages et le choix du sujet. Bien que ces règles strictes aient interdit toute interprétation personnelle, vers la fin du XIe siècle unecertaine évolution s'accompagne de la formation d'écoles régionales ou étrangères. L'Hospitalité d'Abraham (XIVe siècle, musée Benaki, Athènes) ou la Crucifixion (musée de Berlin) comptent parmi les œuvres les plus représentatives d'un art qui connut, en Russie, un prodigieux développement au moment où le prince Vladimir, régnant à Kiev et converti à l'orthodoxie en 988, invita dans sa ville plusieursartistes de l'éminente Constantinople.
Les icônes russes

On ne connaît que peu d'icônes russes assurément exécutées à Kiev au temps où la ville hérite de Byzance. La très célèbre Vierge de Vladimir (galerie Tretiakov, Moscou), en provenance de Constantinople, semble être parvenue dans la ville ukrainienne vers 1155. Les peintres russes, tout en s'inspirant de leurs modèles byzantins, témoignentbientôt d'une manière quelque peu différente; mais ceux qui, les premiers, travaillèrent anonymement à Kiev ne parvinrent pas, du moins pour la postérité, à faire école: en 1240, la dévastation de la ville par les Mongols entraîna la destruction d'un grand nombre d'images pieuses.
Si de brillantes écoles se sont développées dans les villes de Souzdal et Vladimir du XIIe au XVe siècle, à...