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  • Publié le : 24 avril 2011
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Erwin Panofsky (1892-1968) et l’iconologie

Né en 1892 à Hanovre, Erwin Panofsky est un historien de l’art qui a marqué le XXème siècle. Historien de formation, il complète celle-ci par des études de philosophie et de philologie. En 1914, il soutient une thèse sur Dürer (1471-1528) puis une thèse d’habilitation sur Michel Ange (1475-1564) qui lui permet de devenir le premier professeurd’histoire de l’art de l’université d’Hambourg à partir de 1926. C’est là qu’il rencontre notamment Fritz Saxl (1890-1948), Ernst Cassirer (1874-1945) et Aby Warburg (1866-1929). Cet entourage culturel a une importance capitale dans son œuvre. Proche de la Warburg Institut, il est comme elle obligé de fuir l’Allemagne nazie en 1933. Il s’installe alors à New York où il enseigne alternativement avecHambourg depuis 1931. Il intègre l’Institut of advanced Study de Princeton en 1935 où travaille aussi Albert Einstein (1879-1955).
Panofsky publie en 1939 les Essais d’iconologie, les thèmes humanistes dans l’art de la Renaissance. Il faut attendre 1967 pour une parution française grâce à la traduction de Bernard Teyssèdre et de Claude Herbette. C’est l’un de ses premiers ouvrages en anglais et l’un deses plus connues avec L’œuvre d’art et ses significations. Panofsky développe dans celui-ci une nouvelle approche analytique de l’œuvre d’art, l’iconologie, à laquelle il donne un encadrement conceptuel et méthodologique. Quels sont les caractéristiques, les bases et le but de l’approche iconologique ?

I/Les influences et les répulsions intellectuelles qui fondent l’iconologie

a) La« valeur symbolique », une notion néo-kantienne par laquelle Panofsky positionne sa théorie

Panofsky énonce des les premières lignes de son essai le but de l’iconologie, à savoir chercher dans l’œuvre d’art sa signification intrinsèque. Il désigne celle-ci sous le terme de « valeur symbolique », il s’agit d’une notion reprise au néo-kantien Ernst Cassirer à qui il donne une valeur historiqueplus accusée. Pour eux, les images représentent des principes fondamentaux dans une culture donnée de sorte que nous puissions voir les œuvres comme une sorte de substrat d’un artiste, d’une religion, d’une philosophie, ou même d’une civilisation entière. Pour Panofsky cette valeur ne peut être comprise que par une excellente connaissance des sources littéraires. Il s’oppose donc ici à HeinrichWölfflin (1864-1945) et au formalisme. Lui-même élève de Von Schlosser (1866-1939), Panofsky est toutefois plus clément envers Alois Riegl (1858-1905) à qui il reprend l’épineux concept de Kunstwollen. En effet, là où les théories formalistes gomment la signification culturelle la pensée panofskienne insiste sur le fait que les formes symboliques sont chargées d’un sens culturel.

b) Unlittérateur érudit avec un esprit de diagnosticien

En philologue averti, il prévient de la difficulté de l’entreprise iconologique. L’œuvre n’est pas la vulgaire illustration d’un texte mais plutôt un subtil alliage entre le Kunstwollen de l’artiste et le Zeitgeist, c’est-à-dire le climat culturel d’une époque. Il reprend ici une notion théorisée par Hegel (1770-1831) et Heidegger (1889-1976).Il précise aussi qu’il est rare de trouver un texte s’appliquant parfaitement à une œuvre.
Panofsky utilise l’exemple de la Cène de Léonard De Vinci (1452-1519), lorsque nous tentons de comprendre cette fresque comme un document sur la personnalité du peintre, ou sur un mode particulier de sensibilité religieuse alors nous « basculons » dans l’analyse iconologique. Nommée « iconologie ausens large », c’est une méthode d’interprétation qui procède par une synthèse plutôt qu’une analyse. Panofsky aborde ensuite la faculté mentale essentielle à telle entreprise, l’intuition synthétique. Elle permet de comprendre le choix des motifs, ainsi que d’interprétation et de productions d’images, de même que l’ordonnance formelle et les procédés techniques mis en œuvre. C’est là qu’il...
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