Idealisme allemand

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  • Publié le : 13 novembre 2011
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Idéalisme allemand

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Idéalisme allemand
L''idéalisme allemand est le nom générique que l'on a donné à un ensemble de philosophies développées en Allemagne à la fin du XVIIIè siècle et au début du XIXè siècle. Il commencerait avec Kant et la Critique de la raison pure, connaîtrait une première apogée avec la Doctrine de la science de Fichte, une seconde avec lEncyclopédie des sciencesphilosophiques de Hegel, et s'achèverait avec la Spätphilosophie (dernière philosophie) de Friedrich Schelling. Ses principaux représentants sont : Fichte, Schelling et Hegel. Ses principaux adversaires sont Jacobi et Schleiermacher, bien que ce dernier y soit parfois rattaché. Quant à Hölderlin, dont la réception commence après coup et plus au vingtième siècle, il occupe une place importante, mais àpart et largement encore à explorer, dans la formation de l'idéalisme allemand. Ce fort moment philosophique coïncide en littérature avec la haute période du classico-romantisme allemand, qui s'en trouve influencé. Schiller par exemple est partie prenante de l'idéalisme allemand[1] . Weimar n'est pas loin de Iéna, où Fichte fait parler de lui : en 1794-1795, il y enseigne Les fondements de ladoctrine de la science dans sa totalité [Die Grundlage der gesammten Wissenschaftslehre], dont Hölderlin va être l'auditeur direct.

Une genèse complexe
Les principales influences s'exerçant sur la formation de l'idéalisme allemand, après coup de la réflexion suscitée à la base par la philosophie de Kant, seraient à rechercher du côté de Spinoza[2] , et de Rousseau[3] . Parallèlement, chez lescontemporains de Hölderlin, Hegel et Schelling, il faudrait relever également l'influence de celui qui est considéré comme le « père » de l'herméneutique moderne, Schleiermacher[4] . Le premier témoignage de l'idéalisme allemand est un texte collectif appelé Le plus ancien programme de l'idéalisme allemand (Das älteste Systemprogramm des deutschen Idealismus). Selon les commentateurs respectifs etpartagés du « trèfle » de l'idéalisme allemand, les trois anciens Stiftler Hölderlin - Hegel - Schelling, la date du texte peut osciller entre 1795 et 1797, et l'on s'est longtemps interrogé sur l'auteur principal : Hegel, Hölderlin, Schelling furent donc tour à tour évoqués. On pencherait aujourd'hui pour Schelling. Mais n'est-ce-pas un Schelling qui aurait plus vite et mieux entendu Hölderlin, queHegel qui l'entendra seulement après coup via Schelling[5] ? Le point commun de tous les philosophes de l'idéalisme allemand est qu'ils reprennent et dépassent tout à la fois la pensée kantienne. Le kantisme annonçait, dans l'introduction à la Critique de la faculté de juger, après la Critique de la raison pure qui affirmait l'impossibilité de la métaphysique traditionnelle, le développement futurd'un nouveau système métaphysique, qui serait l'accomplissement de la philosophie transcendandale. Ce système réconciliera, selon Kant, la partie naturelle et la partie morale de la philosophie, parties qui avaient été strictement opposées dans la première Critique. Les tenants de l'idéalisme allemand se proposeront d'établir ce système de la nature et de la morale réconciliées, annoncé par Kant,et de fonder ainsi une nouvelle manière de faire de la métaphysique. Ils reprennent l'idée que la subjectivité est un des fondements de toute philosophie et suivent de ce point de vue Kant pour lequel la subjectivité est le fondement de la philosophie transcendantale (cf. §16 de la Critique de la raison pure). Fichte, ce « titan » (comme le reconnaît Hölderlin), qui trouvait la philosophie de Kant« inachevée », peut être considéré comme « une marche dans l'escalier menant via Schelling de Kant à Hegel »[6] . Hegel re-développe l'idée d'une subjectivité absolue, au travers du concept de Moi chez Fichte, pour en faire une phénoménologie de l'Esprit. Un spécialiste de Fichte comme Alexis Philonenko ira pour sa part jusqu'à démontrer que « sans percevoir toutes les finesses de la déduction...
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