Ifrs

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  • Publié le : 2 juillet 2010
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Depuis des lustres, l’homme se demande comment ses sens lui permettent d’appréhender la réalité. Platon avait forgé l’allégorie de la caverne, où des prisonniers enchainés tentaient de comprendre les événements à partir de sons et d’ombres sur les murs. Depuis, les scientifiques ont élaboré des modèles pour décrire les phénomènes étudiés. La comptabilité participe de la même recherche : rendrecompte de l’activité des entreprises, même si, pour reprendre une citation du club de réflexion « En Temps Réel » (et que notre hôte me pardonne), elle est « le domaine d’experts effacés qui, par comparaison, feraient presque des notaires une profession flamboyante ». Cette discipline a défini des normes certes strictes mais dont les principes sous jacents peuvent modifier sensiblement notreperception de la vie économique. C’est aujourd’hui le reproche que d’aucuns adressent aux « International Financial Reporting Standards », plus connues sous le nom d’IFRS, ces normes comptables progressivement appliquées depuis 2005 aux entreprises cotées publiant des comptes consolidés.

La comptabilité constitue un système d’informations relatives à l’entreprise. Elle enregistre son activité ainsique son patrimoine sous forme de données chiffrées en unité monétaire. A ce titre, elle constitue une importante source de connaissances pour le pilotage de l’entreprise. Importante, mais surtout pas exclusive ! En effet, la gestion s’appuie également sur des informations « extra-comptables » comme les quantités produites, les durées des différentes phases du cycle de production (de la commande à lafabrication puis la livraison et le paiement) ...

Afin que les informations comptables soient compréhensibles par tous, il faut des règles de conception, des « normes ». Par les choix de présentation de l’activité et du patrimoine qu’elles impliquent, ces normes modèlent, façonnent la vision restituée de la réalité économique.

Prenons un exemple très simple. Pour une raison quelconque, M.Blog s’engage le 31 décembre de l’année N à verser 100 € à une contrepartie et s’exécute le 1er janvier de l’année N+1. Imaginons d’abord que cette contrepartie soit une administration publique (commune, département, Etat ....) qui, jusqu’à il y a encore peu de temps, n’enregistrait que les seuls flux. Ainsi, les recettes étaient comptabilisées lorsqu’elles étaient encaissées. Cette règle auraitconduit cette administration à afficher un résultat de 0 le 31 décembre N avec un « effet report » sur N+1. En revanche, une entreprise doit enregistrer l’opération dès la « naissance » de cette dernière. Au 31 décembre N, elle affichera un bénéfice de 100 €, tout en notant que M. Blog doit les lui verser. En N+1, cette opération n’aura aucun impact sur le résultat. On voit ainsi l’importance de larègle retenue sur le résultat au 31 décembre : rien dans un cas, un bénéfice dans l’autre.

La comptabilité française repose ainsi sur des principes développés dans le code du commerce. Pour simplifier, dans ce billet qui se veut bref, n’en retenons que 2.

Tout d’abord, le principe de prudence (que j’appelle souvent le principe du « pessimisme comptable »). Il stipule qu’une perte potentielledoit être immédiatement constatée en comptabilité, mais un bénéfice potentiel doit être ignoré tant qu’il n’y a pas de certitude sur sa perception. Prenons l’exemple d’une valeur mobilière achetée 100 par une entreprise. Cette valeur est cotée 80 : il faut constater la perte potentielle de 20 (par une « provision »). En revanche, si elle est cotée 120, il ne se passe rien tant qu’il n’y a pas euvente ferme à ce prix. Autre principe : celui du coût historique. La comptabilité française enregistre les opérations pour la valeur convenue qui devient intangible. Ainsi, une entreprise achète en 1960 un terrain pour 10 000 francs (et à l’époque c’est une très belle somme). Ce terrain est ainsi comptabilisé pour 10 000 francs. Seul changement : en 2002, il apparait pour 1 500 €. En 2009,...
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