Igoudar grenier-citadelles

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Université Ibn Zohr 2010/2011
Faculté des lettres Filière de sociologie
et des sciences humaines

« Agadir de Taallate »

par Afalar

Introduction

Le présent rapport est préparé dans lecadre des travaux programmés pour le module de l’anthropologie rurale pour l’obtention de la licence sociologie. Il portera, comme convenu avec Dr. Mehdane professeur responsable du module, sur trois éléments : la visite que nous avons organisée à Agadir de Taallate, sur la présentation faite par M. Khalid Alaayoud et sur l’entretien que nous avons eu avec lui. L’objectif de ce rapport ne serapas seulement de décrire les étapes de notre visite ou de consigner les observations relevées sur le terrain et les informations recueillies des témoignages des personnes présentent sur le site, mais il sera plutôt de tenter de brosser une image des « Igoudar » comme vestige d’un système social jadis très dynamique mais actuellement en déstructuration. Nous nous baserons pour cela sur quatresources d’informations :

- les écrits et documents que nous avons pu consulter sur les igoudar.

- la visite à « Agadir de Taalate » réalisée le dimanche 12 décembre 2010.

- le témoignage de M. Khalid Alaayoud : personne-ressource s’intéressant au sujet des igoudar.

- une copie numérique de la présentation réalisée par M. Khalid Alaayoud sur igoudar.

Ces informationsseront réparties en trois sections :

- Revue de littérature.

- Observations du terrain.

- Témoignage de personne ressource.

- Conclusion.

I. Revue de littérature

1. Définition

« Agadir » dont le pluriel est « Ioudar » en langue Tamazight a été traduit, depuis les premiers écrits colonialistes, par « Grenier-collectif », « magasin collectif », «grenierfortifié » ou encore « grenier-citadelle ». C’est un terme très utilisé dans la région de Souss sous plusieurs de ses formes grammaticales : « Agadir », « Igoudar », « Tgadirt ».Il est frequement utilisé comme nom de lieu : ville d’Agadir, village de Tagadirte ou encore douar d’ « Agadir Zgaghn » ou « Agadir Ibrqeqn ». Le même terme mais avec une phonétique légèrement différente « ajdir » est utilisé defaçon similaire dans les montagnes du Rif (M. Arbib in Maalamat Al Maghreb, T1). En fin « Igherm » dont le pluriel est « Igherman » est un synonyme d’agadir utilisé quant à lui au moyen atlas.
Selon Ivo Grammet  « le terme d’agadir désigne à la fois la fortification et le grenier collectif »[1]. En effet on retrouve une allusion à cette double acception dans une note de Philippe Senac quand ilsouligne dans un de ses ouvrage qu’ « André Humbert et Muhammad Fikri nous ont ainsi rappelé, dans le cas du sud marocain, que tous les greniers collectifs n'étaient pas nommés igoudar et que tous les igoudar n'étaient pas des greniers»[2]. Il est évident, pour toute utilisateur de la langue amazigh, que les greniers creusés dans les versant abrupts des falaises et les silos creusés dans la terrene peuvent être appelés Igoudar bien qu’ils servent à conserver des grains, et que, d’autre part, les remparts dressés pour la protection d’un lieu sont bien appelés igoudar sans pour autant servir de greniers. Mais on peut accepter que le terme d’agadir ait fini par prendre un sens technique conventionnel qui désigne un grenier collectif. Ainsi, d’après Dj. Jacques-Meunié, les Igoudar « … grenierscollectifs sont des constructions fortifiées, souvent très vastes, dans lesquelles les Berbères de la montagne emmagasinent leurs récoltes et tous les objets qui leur sont précieux: actes, argent, bijoux, vêtements, tapis, et, autrefois, armes et munitions. […]
Ils se présentent sous l'aspect de châteaux- forts, situés sur des hauteurs plus ou moins escarpées ou accessibles, faciles à...
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