"Il faut laisser maison....

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1463 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Plan détaillé du commentaire de texte de « il faut laisser maisons… » de Pierre de ronsard

IL FAUT LAISSER MAISONS…

Il faut laisser maisons et vergers et jardins,
Vaisselles et vaisseaux que l’artisan burine,
Et chanter son obsèque en la façon du Cygne,
Qui chante son trépas sur les bords Méandrins.

C’est fait, j’ai dévidé le cour de mes destins,
J’ai vécu, j’ai rendu mon nomassez insigne :
Ma plume vole au Ciel pour être quelque signe
Loin des appas mondains qui trompent les plus fins.

Heureux qui ne fut onc, plus heureux qui retourne
En rien comme il était, plus heureux qui séjourne,
D’homme fait nouvel Ange, auprès de Jésus-Christ,

Laissant pourrir çà-bas sa dépouille de boue,
Dont le sort, la fortune, et le destin se joue,
Franc des liens ducorps, pour n’être qu’un esprit !

Pierre de Ronsard  [Derniers Vers]

Vaisseaux : Vases
Obsèque : Chant funèbre
Cygne : on prononçait cyne
Les bords méandrins : Les bords du méandre, fleuve d’Asie Mineure célèbre par ses cygnes
Insigne : Remarquable
Signe : Astre
Onc : Jamais
çà-bas : Ici-bas
Franc : Libre

Introduction :

Ronsard,poète français du XVIème siècle (1524-1585) est essentiellement connu comme « le poète des amours ». Pourtant dans ses « derniers vers », il évoque les souffrances endurée et aux travers de certaines références venues de sa culture humaniste, il nous donne sa vision de la mort . Dans « Il faut laisser maisons… », Avant-dernier poèmes dicté le 26 décembre 1585, veille de sa mort, le « prince despoètes » se prépare à quitter ce monde. Comment cet adieu à la vie se présente-t-il et comment envisage-t-il la mort ?

I. L’adieu à la vie.
A : Ronsard a mené une vie pleinement réussie.

Nous remarquons dans ce poème la fierté de Ronsard, en effet, au travers de cette phrase du vers 6 « J’ai vécu, j’ai rendu mon nom assez insigne » , A présent, il peut mourir en paix, il a vécu pleinement savie et ne regrette rien. Son art lui a conféré l’immortalité, nous remarquons une ascension évoquée par une métonymie et une métaphore au vers 7 « Ma plume vole au Ciel pour être quelque signe ». Nous voyons qu’il a accompli son destin « C'est fait, j'ai dévidé le cour de mes destins », Il ne lui reste plus rien à conquérir ni a éprouver.
Ronsard ne devrait donc pas avoir de regrets, pourtant lelecteur vois qu’il n’est que peu ravi de devoir quitter la terre.

B : Ronsard est conscient qu’il va devoir abandonner une vie qu’il a beaucoup aimée.

La mort est une certitude inéluctable, un constat lapidaire traduit par la modalité exclamative « c’est fait » . Nous retrouvons l’aspect accompli du passé composé : « j’ai vécu ». Ces deux affirmations sont mises en relief par une césureanticipée. Nous voyons également l’abandon des biens, acquérits au cours de sa vie et les sources de beauté voire de richesse luxueuse traduit par un champs lexical vers 1 et 2. Sa résignation est en effet empreinte de mélancolie : une énumération et le mot « et » traduisent la difficulté et un soupir mélancolique : « Il faut laisser …et…et…et… »
Il ne faut pourtant pas conclure que Ronsard estdésespéré, il est habité par un espoir bien réel.

II : La foi en la vie éternelle.

A : Sa lucidité de mourant lui fait voir la vie sous ses aspects les moins séduisants.
Nous remarquons que la vie est soumise aux aléas du sort, nous le voyons au travers de l’accumulation de trois synonymes et verbe au singulier a vers 13 « Dont le sort, la fortune, et le destin se joue ». Le corps est unesource de souffrance ce qui est préciser par un réalisme cru au vers 12 : « pourrir », « dépouille de boue ». Le monde qu’il abandonne est trompeur et vain : « appas » représente les pièges. Ils ont une connotation religieuse et dépréciative des « mondains ».
Nous retrouvons une référence à « l’Ecclésiaste », qui présente le néant comme préférable (v.9-10) avec mise en rejet de « en...
tracking img