Il n'y a pas de vrai sens d'un texte. pas d'autorité de l'auteur. une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise » paul valéry

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  • Publié le : 11 mai 2010
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Le problème du vrai sens d’un texte, la réception de celui-ci fait débat dans le monde de la littérature. En effet, l’écrivain-poète Paul Valéry s’exprime à ce sujet :
« Il n'y a pas de vrai sens d'un texte. Pas d'autorité de l'auteur. Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise ».
Selon Valéry, l’auteur ne serait pas garant du vrai sens du texte, ilne ferait pas autorité. Après la pu-blication, le texte est remis au lecteur tel un « appareil » dont il peut se servir comme bon lui semble. En effet, chaque lecteur peut appréhender le texte sous différents angles de vue, un texte dispose de plusieurs sens qui dépendent du point de vue où l’on se place.
Pour Valéry, l’auteur perdrait alors son pouvoir de s’imposer à autrui, de se faire obéir,pour laisser l’autorité aux lecteurs qui donneront le sens qu’ils veulent au texte.
Ainsi, à travers notre étude, nous nous demanderons en quoi le vrai sens du texte n’appartient non pas à l’auteur, mais aux lecteurs de ce texte.
Le problème du vrai sens d'un texte doit s'envisager selon plusieurs axes : on doit d'abord prendre en compte les intentions de l'auteur et les replacer dans leurcontexte socio-historique ; puis se pencher sur l'acte de lecture, qui est celui de la délivrance du sens ; et enfin s'interroger sur les conditions mêmes de la possibilité du sens dans un texte.

Le problème de la vérité doit d’abord être observé à travers la figure de l’auteur. En effet, selon Paul Valéry, l’autorité de l’auteur n’existe pas.
Si l’on pense que la vérité du texte est ce quel'auteur a voulu dire, c'est admettre la toute puissance de l'auteur. En d'autres termes, c'est ramener l'œuvre à son auteur, c'est alors accepter une maîtrise totale de l'auteur et donc par là, renier tout inconscient, même si les travaux de Freud sur l'incons-cient remettent en question la possibilité d'une maîtrise de l'auteur.
Il existe en effet de nombreux contre-exemples. Réduire l'œuvre àl'écrivain, en admettant cette autori-té de l'auteur, c'est rendre l'auteur indispensable à l’acte de lecture. On peut alors se demander com-ment appréhender les œuvres dont l'auteur est mal connu, ou même parfois inconnu ?
On peut prendre pour exemple Homère. En effet, la légende affirme la cécité, cependant, on ne sait rien de cet auteur. On soupçonne même L'Iliade et L'Odyssée de ne pas être lesœuvres du même au-teur. Ou même encore William Shakespeare, dont on ignore aussi beaucoup de chose. Le fait d’ignorer la biographie d’un auteur n'empêche ni de le lire, ni de le jouer, ni d’apprécier ses œuvres.
Admettre la totale maîtrise d'un auteur sur son œuvre, ce serait admettre sa totale conscience, nier l'inconscient, et admettre que l'œuvre puisse être réduite à des procédés. Or, si letravail d'un artisan peut se réduire à des simples procédés techniques, à un simple « mode d’emploi », il n'en est pas de même pour une œuvre d'art, travail d'un artiste. La littérature n'est pas un ensemble de procé-dés réitérables, c'est une source unique d'émotions.
Le texte, à travers les émotions qu'il suscite, a donc le lecteur pour visée. Il n'y aurait pas d'autre « vérité du texte » quecette émotion. On peut citer les textes qui jouent avec le lecteur, comme Jacques le fataliste, de Diderot, ou Si par une nuit d'hiver un voyageur, d'Italo Calvino. L’auteur prend en compte ses lecteurs et les émotions qu’ils sont susceptibles d’éprouver.
Il existe en effet, de nombreux textes cherchent à émouvoir les lecteurs, comme par exemple René, de Chateaubriand, ou plus généralement, lesouvrages des Romantiques. L’auteur ne fait donc pas totale autorité, il est contraint de prendre en considération son lectorat et les émotions de celui-ci. Le lec-teur donne un sens au texte, l’auteur doit impérativement penser aux réactions de son public.
On peut alors se demander qui est en fin de compte le garant de cette vérité du texte ? L'au-teur peut bien sûr avoir un avis sur son texte,...
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