Illusions perdues-balzac

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  • Publié le : 1 mai 2011
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Dans le roman (1843), Balzac fait dire à son héros, le jeune romancier et poète Lucien de Rubempré, que pour certains libraires, « les livres [sont] comme des bonnets de coton pour les bonnetiers, une marchandise à vendre cher, à acheter bon marché ». Le livre est-il un produit commercialisable comme n’importe quelle marchandise ? Vous répondrez à cette question de manière argumentée en vousinterrogeant aussi bien sur la notion "d'objet livre" vendu et acheté que sur les fonctions du livre et sur ce que représente une oeuvre pour son auteur.

Les libraires, et plus largement les écrivains, qui fournissent à ceux-ci le support de leur travail, sont avant tous des personnes nécessiteuses, comme tout un chacun, d’engranger des revenus afin de mener leur vie. Pour autant, le livre peut-ilet doit-il être réduit au statut d’objet commercial, engendrant ainsi de l’argent et du bénéfice ? Est-ce la fonction première d’un livre ou son but réside-t-il ailleurs ? Dans un premier temps, nous montrerons en quoi l’œuvre littéraire peut être considérée comme « objet-livre » puis dans une seconde partie, nous analyserons les arguments aux antipodes de cette thèse. De cette manière nous nousintéressons aux autres fonctions du livre, plus subtiles que la simple commercialisation.
Le terme de marchandise désigne un produit de l’activité humaine, pouvant être acheté et vendu. En cela, le livre peut être assimilé à une telle marchandise, disponible depuis l’invention de l’imprimerie à grande échelle et accessible à une majorité de personnes. Un véritable commerce du livre s’estd’ailleurs développé et c’est aujourd’hui un objet que l’on peut se procurer partout en magasin, en librairie ou que l’on peut même louer dans les bibliothèques. De par son abondance, le livre permet le gain d’argent et assure de cette manière un revenu aux personnes travaillant dans le monde de la littérature ; écrivains, libraires ou encore bibliothécaires.
Ce commerce, de plus en plus important, a ainsirendu certains auteurs célèbres, leur garantissant parfois des sommes d’argents non négligeables, établissant leur fortune. Dès lors, la réputation de l’auteur prévaut hélas parfois sur le contenu même du livre, assurant de fortes ventes en dépit de la qualité de l’œuvre qui n’est dans cette situation plus que secondaire.
D’autres jeunes auteurs, désireux de bâtir leur célébrité se concentrentaussi sur un genre littéraire bien précis, préférablement prisé par les lecteurs contemporains. On peut ici citer l’exemple de l’heroic fantasy , genre florissant et rassemblant une quantité considérable d’œuvres depuis sa création au travers du Seigneur des Anneaux de John Ronald Reuel Tolkien, ne dérogeant pas à la règle établie par Jean le Rond d’Alembert, selon laquelle « Il suffit ici qu'unlivre touche à certaines matières […], pour être en conséquence hors de prix. » Il n’est en effet pas rare de voir paraître sur le marché nombre de déceptions littéraires qui, préférant s’adapter aux modes et délaissant ainsi les intérêts, envies et buts véritables de l’écrivain se concentrent sur le profit que va en tirer ce dernier.
Enfin, la notion d’ « objet livre » est grandement soulignée parl’attention particulière dont font preuve les éditeurs vis-à-vis de l’apparence de l’œuvre. Aujourd’hui, parer le livre d’un atout purement visuel, destiné à captiver l’œil du lecteur, potentiel acheteur est devenu une stratégie commerciale largement employée dans l’univers de l’édition. Comme le dénote Hubert Nyssen dans un article paru en 2003 dans la revue éducative TDC, ces stratagèmes sontfréquemment employés « […]pour que le livre prenne le vent de la renommée » et cela même s’il s’en trouve dénaturé, de par l’illustration de sa couverture ou même la campagne publicitaire qui vient ce greffer autour de l’œuvre.
Ainsi, le livre tend aujourd’hui de plus en plus à devenir un objet purement commercial, le rapprochant de la comparaison établie par Balzac et privant ainsi l’œuvre de...
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