Imitation

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3756 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 29 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Accueil du site > Imitation & Communication > Qu’entend-on par imitation ?

Qu’entend-on par imitation ?

De nombreuses définitions pour un seul mot
Extrait de : Prepin K. (2008) Développement et modélisation d’interaction homme-robots : l’imitation comme modèle de communication. Thèse de doctorat.
Depuis qu’il est question d’étudier l’imitation(Baldwin1897), celle-ci s’est vue définie pardes caractéristiques variées, allant de l’imitation différée à l’imitation synchrone, de l’apprentissage par observation à la communication, de l’imitation du geste à l’imitation du but de l’action. En fait ces caractéristiques de l’imitation peuvent être décomposées en trois axes, l’un décrivant la structure temporelle de l’imitation, l’autre décrivant sa fonctionnalité, et le troisième décrivantson objet. Chaque définition de l’imitation se positionne alors sur chacun de ces trois axes.
[pic]
L’imitation : espace varié pour définitions multiples. Trois axes, la structure temporelle (de l’imitation différée à l’imitation synchrone), la fonctionnalité (de la communication à l’apprentissage), l’objet (de l’action au but de l’action).

Imiter c’est en premier lieu « Apprendre en voyantfaire »

Une des premières définitions de l’imitation est celle de Thorndike : Apprendre à faire un acte en le voyant faire [Thorndike, 1898]. Il s’agit ici d’apprentissage par observation (observational learning) ne nécessitant ni motivation ni renforcement, sans essais et erreurs [Bandura, 1971] : la fonctionnalitée de l’imitation est clairement l’apprentissage, sa structure temporelle est ledifféré (la présentation est suivie d’un délai avant la reproduction et le modèle n’est en général plus présent) et son objet est le but de l’action plutôt que l’action elle-même [Guillaume, 1925, Wallon, 1942].
Ce type de définition persiste jusqu’à nos jours, l’imitation étant toujours en grande majorité perçue comme avant tout un moyen d’apprendre : l’imitation « vraie » suppose de reproduireune action nouvelle, avec la même stratégie et dans le même but [Tomasello et al., 1993], « l’imitation met en jeu l’aptitude à apprendre des autres dans un contexte social et à incorporer des comportements observés chez les autres dans le répertoire moteur [...] C’est le moyen par lequel nous absorbons répétons et de ce fait devenons imprégnés de la culture humaine » (traduit de la préface de[Rogers and Williams, 2006]).

Imitation, fonction symbolique de la cognition

En 1945, Piaget décrit le développement de l’enfant, et donc entre autres celui de l’imitation, du point de vue de l’acquisition du langage, de l’acquisition de capacités à raisonner, juger, inférer et se représenter le monde [Piaget, 1945]. Il dé ?nit alors di ?érents « stades de développement » en fonction d’uneprésupposée hiérarchie des comportements dont l’enfant est capable. Si il est certain que l’approche de Piaget, l’observation du changement comme moyen de « découvrir une embryologie de l’intelligence », a révolutionné les méthodes expérimentales de la psychologie du développement, elle n’en n’est pas moins limitée par son objet qui est l’étude de l’acquisition de capacités à abstraire et à raisonnerlogiquement. Piaget considère l’intelligence comme essentiellement liée à la capacité d’abstraire et de se représenter le monde sous forme de symboles et c’est dans cette perspective qu’il dé ?nit l’imitation : Nadel précise que Piaget considère que l’imitation « serait la première manifestation [...] de la fonction symbolique, [...] (c’est le) « processus assurant la transition entrel’intelligence sensori-motrice et la représentation imagée » [Piaget, 1962]p.143 » [Nadel, 1986]. L’imitation dé ?nie par « apprendre en voyant faire » et considérée par Piaget comme la transition vers une cognition de « haut niveau » est, encore de nos jours, le « graal » de nombreux roboticiens ayant, d’une part, foi en Piaget et étant, d’autre part, attirés par l’idée d’une cognition symbolique [Schaal,...
tracking img