Immigration en europe

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  • Publié le : 2 juin 2009
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Le chapitre sur le Liban est essentiel, puisque ce fut le point de départ des attentats suicides au Proche-Orient. Le Hezbollah créa un vocabulaire spécifique lié à cette pratique (p. 65), à commencer par l'expression "opérations de martyre", utilisée pour contourner le tabou du suicide.

Le Hezbollah a pratiqué l'attentat suicide, mais - comme nous l'avions déjà observé dans de précédentsarticles - de façon beaucoup plus "contrôlée" et limitée que la surenchère à laquelle nous assistons aujourd'hui sur d'autres terrains. (Sur quelque 50 attentats suicides au Liban depuis 1983, selon Reuter, moins de la moitié seraient attribuables au Hezbollah.) Un responsable du Hezbollah déclare à Reuter: "Il faut traiter très soigneusement quelque chose d'aussi spécial qu'une opération de martyre.Après tout, les vies humaines sont précieuses!" (p. 78)

Aujourd'hui, le Hezbollah lui-même ne pratique donc apparemment plus ce type d'opérations (même si rien ne l'empêcherait d'y recourir à nouveau de façon ciblée en cas de besoin), même si ses médias continuent de donner écho aux "opérations de martyre" palestiniennes. Le Hezbollah est devenu une puissante force régionale, il s'efforce enoutre de cultiver une image de vainqueurs plus que de victimisation, ce qui se manifeste de différentes façons.

Le Hezbollah libanais est considéré par les autorités américaines comme un groupe terroriste, mais d'autres pays s'abstiennent de lui appliquer cette étiquette: on se souvient de la controverse internationale provoquée par le premier ministre français Lionel Jospin en février 2000, àl'occasion d'une visite en Israël, lorsqu'il avait accusé le Hezbollah de terrorisme. Le Hezbollah représente plus qu'un groupuscule activiste: c'est une formation politique qui jouit d'une véritable base dans sa communauté et dont le rôle au Liban est indéniable. Une nouveau livre nous offre l'occasion de parfaire nos connaissances à son sujet, et notamment ses justifications par rapport au recoursà la violence.
Même si l'on tente de s'en tenir à une définition technique et "neutre" du terrorisme, le cas du Hezbollah nous conduit au coeur du problème de la délimitation entre mouvement de guérilla ou de résistance et groupe terroriste.
Professeur assistante à l'Université américaine du Liban, Amal Saad-Ghorayeb, auteur de l'ouvrage Hizbu'llah: Politics and Religion (2002), est elle-mêmed'origine libanaise, mais a été élevée en Grande-Bretagne. Elle ne cache pas que son livre - fruit de sa thèse de doctorat - est né d'une fascination pour ce groupe et d'une irritation face à la catégorisation terroriste du Hezbollah en Occident. Le lecteur perçoit une certaine sympathie de l'auteur pour son sujet. C'est ce qui fait l'intérêt du volume: plus que ne le ferait un ouvrage hostile, ilnous aide bien à comprendre la doctrine du Hezbollah.
L'auteur rappelle tout d'abord que le Hezbollah n'est pas uniquement la conséquence de l'invasion israélienne de 1982, même si celle-ci en a été la cause immédiate. Le mouvement fut aussi le résultat de la mobilisation politique de la communauté chiite, phénomène dont les racines remontent à la fin des années 1960 (p. 7). Le chiisme irakien aégalement exercé une influence, sans oublier bien sûr la Révolution islamique d'Iran. Ces différents facteurs ont débouché sur une islamisation du mouvement politique chiite au Liban.
Mais concentrons-nous sur les passages du livre relatifs à l'approche du Hezbollah par rapport à l'insurrection et au recours à la violence, puisque le groupe est notamment accusé des attentats d'avril et octobre1983.
La rébellion contre un Etat séculier simplement sous le prétexte qu'il n'applique pas la loi islamique n'est pas approuvée par le Hezbollah (p. 22) - ce qui le distingue de certains groupes radicaux sunnites. Il faut noter au passage que, à la différence des groupes sunnites, les chiites ne voient pas dans l'établissement de l'Etat islamique le retour à un âge d'or idéalisé, mais plutôt un...
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