Immigrations en aquitaine

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  • Publié le : 28 mars 2011
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IMMIGRATIONS EN AQUITAINE

Avant le XX° siècle
L'Aquitaine, tête de pont des négoces esclavagistes et coloniaux

Bordeaux et Bayonne, ports négriers :
Bayonne accessoirement, mais surtout Bordeaux, ont été des villes où s’organisèrent de nombreuses expéditions outremer, vers l’Europe du Nord, l’Asie, l’Afrique et les Amériques.
De ces ports étaient organisés commercialement etlogistiquement l’exportation de produits de l’Aquitaine (dont le vin) et de France, les importations de produits et matériaux exotiques (épices, bois…), les émigrations vers les nouveaux mondes (particulièrement Basques, Béarnais et Landais de Chalosse pour les Aquitains). Dès les premières années du XVIe siècle, le Port de la Lune à Bordeaux, spécialisé dans le cabotage, commence à organiser des expéditionstrans-océaniques. 40% du commerce entre la France et les Antilles au XVIIIe siècle passe par Bordeaux, les trois quarts des marchandises repartant vers les ports d’Europe du Nord.
Pour autant, il est un trafic qui ne fut pas à l’honneur des villes, et qui aujourd’hui encore pèse dans l’histoire régionale et nationale : l’esclavagisme, et plus particulièrement la traite d’esclaves de l’Afriquevers les Amériques.
Ces commerces avaient doté les négociants et armateurs bordelais des infrastructures, des savoir-faire et des capitaux suffisants pour leur donner une place dominante dans l’exploitation des colonies occidentales, notamment celles de l’Empire français qui se constitue au XIXe siècle. Cela a aussi permis la constitution de fortunes, qui ont durablement marqué la ville et la régionde leur empreinte grâce aux investissements dans les vignobles et dans l’immobilier. Aujourd’hui, des hôtels particuliers et surtout des rues portent encore les noms des négriers (Nairac, Gramont, Gradis, Baou,Laffon, Balguerie-Stuttenberg, Saige, Laine, Bigo…).
Ce trafic n’a amené que peu de migrants d’origine africaine ou asiatique sur le sol aquitain. Des esclaves, des esclaves affranchis oudes descendants d’esclaves, dont certains sang-mélés, furent amenés dans la région dès les dernières années du XVIIe siècle. Ils officièrent principalement comme domestiques (gouvernantes, bonnes et nourrices pour les femmes, valets, cuisiniers ou hommes de peines), rarement à des métiers plus installés. On les utilisa aussi comme spécimens exotiques, montrés dans les salons en ville ou dans desréceptions.
L’abolition ne supprima pas ces usages, bien au contraire. De par sa place importante comme vitrine coloniale, Bordeaux instituera des présentations d’Africains, d’Antillais et d’Asiatiques (d’Inde, de Chine et d’Indochine notamment) dans ses foires et expositions, recréant notamment des « zoos humains »...

Vingtième siècle

1914-1945 : l’Aquitaine se construit massivement pour lapremière fois grâce aux étrangers. Dans l’entre-deux-guerres, l’Aquitaine devient une terre d’immigration.
Bien que l’Aquitaine ne fût pas dévastée par les combats entre 1914 et 1918, ses populations contribuèrent à la guerre comme les autres Français et 10% des effectifs masculins aquitains furent décimés, et presque autant invalidés. C’est d’autant plus grave que l'Aquitaine intérieure étaitdepuis longtemps touchée par la dépopulation, qui n'épargnait guère que Bordeaux.
Face à ce constat, le patronat local fit appel à des travailleurs étrangers et en 1924 fut créée la Société Générale d'immigration, ainsi que des organismes patronaux (en Gironde, en Lot et Garonne…). Ils devaient combler la pénurie de main-d'oeuvre en organisant des recrutements et des accueils spécifiques detravailleurs étrangers. Etaient organisées des missions de recrutement dans les pays mêmes. En Gironde, le nombre d’étrangers recensés augmenta alors de près de 26 000 personnes en vingt ans entre 1911 et 1931.
C’est surtout le fait des Italiens qui, poussés par la surpopulation et le chômage, sont venus s’installer en nombre dans les campagnes d’Aquitaine.
De nombreux Espagnols s’installèrent...
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