Impact macroeconomique de la crise bancaire

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Focus

n° 2 – 5 décembre 2008

L’impact macroéconomique des crises bancaires
Les banques sont au cœur du financement des économies et lorsque leur situation financière ne leur permet plus d’assurer cette mission, la croissance est compromise. C’est la raison pour laquelle, dans tous les pays, des plans de soutien au secteur bancaire ont été mis en place. Ces plans engagent les financespubliques mais le ralentissement de la croissance qui accompagnerait une paralysie du crédit serait potentiellement beaucoup plus coûteux. Le déficit de croissance dû à la crise bancaire résulte de plusieurs facteurs parfois concomitants : l’éclatement d’une bulle boursière ou immobilière met les banques en difficulté mais réduit simultanément la richesse des autres agents économiques et pèse sur laconsommation privée. C’est pourquoi il est difficile d’isoler exactement l’effet des crises bancaires. Dans le passé, et si on prend en compte l’ensemble des pays (y compris émergents) les crises ont duré, en moyenne, entre trois et quatre ans, ont entraîné une charge, pour les finances publiques, de 13 % du PIB et un déficit cumulé de croissance, sur la même période, de près de 20 %. Ces ordres de grandeurproviennent d’études sur les crises passées. Ils ne permettent nullement de prévoir l’avenir. Dans tous les pays, on a tiré les leçons des erreurs de politique économique qui, dans le passé, ont considérablement aggravé l’impact des crises bancaires. On sait aujourd’hui qu’il faut agir rapidement, et dans cet ordre, pour (1) recapitaliser le système bancaire, (2) rétablir des conditionsmonétaires et financières favorables au financement de l’économie et (3) soutenir temporairement l’activité par des mesures budgétaires appropriées. C’est dans cette direction que s’engagent actuellement tous les pays, industrialisés et émergents, ce qui devrait permettre de stabiliser les économies et limiter le coût et l’impact de la crise.

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Un système bancaire en bonne santé est nécessaire audéveloppement économique
Le développement économique passe par la réalisation d’investissements productifs et la couverture d’un besoin en fonds de roulement lié à la constitution de stocks et à la longueur du processus de production. Le financement des activités productives via les crédits aux entreprises, ou de la consommation via les crédits aux ménages, est donc crucial. Il peut s’effectuer par deuxcanaux : soit au travers des marchés financiers par émission et acquisition de titres, soit par l’intermédiation bancaire. Dans les économies modernes, ces deux canaux sont complémentaires. Mais le rôle des banques est clairement central. Les banques ont un rôle de transformation. Les épargnants, et tout spécialement les ménages, souhaitent détenir une épargne liquide, souvent de la monnaie, carcelle-ci est utilisable aisément et sans risque comme moyen de paiement, tandis que les investisseurs ont besoin, au contraire, de financements à long terme. Les banques détiennent les dépôts monétaires des ménages et des entreprises et sont donc particulièrement bien placées pour effectuer cette transformation.

Banque de France • Focus • n° 2 • 5 décembre 2008

L’impact macroéconomique descrises bancaires

Les banques sont équipées pour juger de la qualité des projets des emprunteurs ; il y a très généralement une « asymétrie d’information » entre un prêteur potentiel et un emprunteur potentiel car, en principe, ce dernier connaît mieux que le prêteur sa situation et les risques qu’il court ; ce n’est qu’en limitant au maximum cette asymétrie qu’on arrive à convaincre des agentséconomiques de prêter à un taux raisonnable à ceux qui ont effectivement un projet pertinent. Lorsque ces asymétries sont trop élevées on court le risque soit de ne pas avoir de financement (dans le doute on s’abstient), soit, dans des moments d’exubérance, de financer des projets non créateurs de richesse. Or, ce sont les banques qui, en raison de leurs relations de proximité et de long terme...
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