Incendies, de Wajdi Mouawad

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  • Publié le : 5 avril 2014
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Incendies est une courte oeuvre écrite par l'auteur Libanais Wajdi Mouawad. Voyons d'un peu plus près le chemin de cet écrivain, comédien et metteur en scène, est né au Liban en 1968.
A ses 10 ans, sa famille et lui-même quittent leurs terres natales pour la France, à cause de la guerre qui fait rage dans leur pays.
C’est en arrivant au Québec, cinq ans après, que Wajdi Mouawad se découvriraune passion pour l’écriture et surtout pour le théâtre. Dès lors, dans ses ouvrages, on va retrouver fréquemment les horreurs de la guerre qui ont marqué son esprit d’enfant pour toujours. Il va se faire connaître en tant qu’auteur de Visage retrouvé (2002) et Anima (2010). Mais ce sont ses talents de dramaturge qui vont surtout le révéler avec la quadrilogie du Sang des promesses, mais aussi pourWilly Protagoras enfermé dans les toilettes (2005) ou encore Pacamambo (2000) et Seuls (2008). Egalement directeur artistique de l’Opéra de Quat’sous à Montréal, Wadji Mouawad est un auteur de tragédie, dite plutôt grecque, car il purge les passions des lecteurs ou des spectateurs, conformément à la règle de la catharsis.

L’œuvre Incendies, deuxième volet d’une série de quatre pièces, estécrite en 2003. En même temps que l’écriture de cette œuvre, Wajdi Mouawad revêt son l’habit de réalisateur en la mettant en scène parallèlement. C’est lors de sa rencontre avec Souha Bechara, militante libanaise qui a tenté d’assassiner le chef des milices chrétiennes lors de la guerre civile, que Wajdi se remémore le passé et développe un sentiment coupable de ne pas avoir vécu cette grande étapepour son pays natal. Il prend alors ses crayons, touché par le témoignage de cette courageuse femme et inspiré par l’occupation du Sud-Liban, plus précisément par une prison du Sud-Liban. Dans cette dernière, des Libanais, et particulièrement des femmes, se sont fait torturer par des barbares issus de l’armée. Sans jamais le nommer, c’est de ce pays déchiré dont parle l’auteur, de cette prison àl’histoire édifiante où serait enfermée « la femme qui chante ». Cette pièce, construite autour des blessures du Liban, est écrite comme une dénonciation des horreurs de la guerre civile.

Mais revenons plus précisément sur l'histoire poignante que nous propose cette pièce. Elle estconstruite autour de deux histoires parallèles qui vont peu à peu se recouper pour établir la biographie d’une histoirefamiliale dramatique à travers deux générations.
L’histoire commence au Canada, où Simon et Jeanne Marwan, des jumeaux libanais, sont convoqués chez le notaire Lebel suite au décès de leur mère prénommée Nawal.
Il s’avère que son testament est très étrange : avant d’être enterrée, elle demande à chacun de ses enfants de remettre une enveloppe à leur père qu’ils croyaient mort, et à leur frèredont ils ne soupçonnaient pas l’existence... Après hésitation, malgré leur ressentiment vis-à-vis de cette mère défaillante, muette, les jumeaux concèdent à exhausser sa dernière volonté. Pour cela, ils se décident à retourner dans leur terre natale.
Parallèlement, le lecteur découvre la vie de la très jeune Nawal, personnage écartelé dont on soupçonne que le destin est marqué par de grandesfailles. On apprend d’abord qu’on lui a arraché son nouveau-né. On la suit ensuite dans sa quête pour retrouver cet enfant volé. Elle est accompagnée de Sawda, une jeune fille assoiffée de connaissances, dans un Liban croulant sous les bombes et meurtri par la guerre. Leur esprit et leur corps sont marqués à jamais par la barbarie des soldats et la cruauté de l’armée envers les civils…
On retrouveNawal au Canada, des années après, le jour d’un procès contre un tortionnaire libanais nommé Nihad Harmanni ; ce même jour, Nawad va « perdre » la parole, et pour cause…
Simultanément, la vérité se révèle dans les deux parties de l’histoire : les enfants comprennent qu’ils sont issus du viol de leur mère par leur frère ainé ; Nawal, au cours du procès, réalise que son premier fils est le...
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