Inflation

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  • Publié le : 21 mai 2010
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LES DIFFERENTES EXPLICATIONS DE L’INFLATION

La définition la plus simple que l’on peut donner de l’inflation est celle d’un « processus de hausse cumulative et auto-entretenue du niveau général des prix ». Elle met l’accent sur l’idée d’un mécanisme mettant en cause des variations multiples, de longue durée, générant lui-même les causes de sa permanence, et s’exprimant par l’augmentation de laplus grande partie des prix. Ce processus se distingue donc des hausses sectorielles de certains prix, même si elles sont fortes, ou de celles qui, pourtant généralisées à l’ensemble de l’économie, restent sans lendemain, car elles ne mettent pas en œuvre des ajustements provoquant des effets de retour (« feed-back » ou circuits inflationnistes).

Ainsi définie, comment l’inflation peut-elles’expliquer ?
L’analyse classique, inspirée par la théorie quantitative de la monnaie, explique l’inflation par une augmentation des moyens de paiement plus forte que la croissance de la production. John Maynard Keynes, quant à lui, envisage l’inflation comme le résultat d’une inadéquation entre l’offre et la demande. Une troisième approche considère que l’inflation ne se déclenchera que s’il seproduit une hausse des coûts de production entraînant la spirale prix-salaires. Enfin, ces approches demeurant partielles, une dernière analyse n’envisage plus l’inflation comme un phénomène pathologique ou un dérèglement passager de l’économie, mais au contraire, comme un facteur d’atténuation des crises économiques.

I. L’inflation par la monnaie

A. La théorie quantitative de la monnaie

Laformalisation la plus courante de cette théorie est celle d’Irving Fisher : MV = PT (où M = masse monétaire en circulation ; V = vitesse de circulation de la monnaie ; P = niveau général des prix ; T = volume des transactions à assurer). On déduit de cette équation que tout accroissement monétaire supérieur à celui de la production réelle se traduira (V étant supposée constante) par un ajustement àla hausse de l’ensemble des prix tel que la valeur globale des échanges soit égale à celle de la nouvelle quantité de monnaie en circulation.

Nb : Cette approche repose sur deux postulats :
 La monnaie est neutre. L’économie peut être décomposée en deux sphères distinctes : la sphère réelle et la sphère monétaire. Selon cette analyse dichotomique, la monnaie n’est qu’un voile venantrecouvrir le monde de l’économie réelle qui fonctionne comme si la monnaie n’existait pas.
 l’offre et la demande de monnaie dépendent de facteurs distincts et la monnaie ne peut être demandée pour elle-même. S’il en était autrement, la création monétaire pourrait n’être que la conséquence du besoin en moyens de paiement, et les facteurs monétaires perdraient leur pouvoir explicatif du mouvement desprix, en devenant au contraire une conséquence de ceux-ci.

B. Milton Friedman et les monétaristes

Après la Seconde Guerre mondiale, Milton Friedman va mettre en avant les déterminants de la demande de monnaie et abandonner l’analyse dichotomique des classiques. Néanmoins, il affirme que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire », dont la responsabilité repose sur lapolitique de l’Etat.
La création monétaire relève en effet de décisions ou d’un contrôle des gouvernements. Soumis à de permanentes pressions des différents agents, l’Etat doit dépenser davantage sans pour autant augmenter la pression fiscale, afin de soutenir l’activité économique. La création monétaire permet ainsi de créer un « impôt d’inflation », les recettes de l’Etat augmentant dans la mesure oùles tranches d’impôt sur le revenu ne s’ajustent pas mécaniquement à l’inflation et où les bilans ne sont pas réévalués. Dans le même temps, la dette de l’Etat se trouve allégée. Ainsi, « le gouvernement doit partout être rendu responsable de l’inflation ».

Pour contenir l’inflation, Friedman préconise alors de contenir l’expansion monétaire à un taux constant ; ce rythme de croissance...
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