Interview de m. sindayigaya

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Interview  de M. SINDAYIGAYA 
Jean-Marie, 
"Homme politique et Homme d'écriture".

22 Juillet 2002, Bilal Luqman, AGNews
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AGNews a le plaisir de recevoir  cette semaine, M. SINDAYIGAYA Jean-Marie. Homme politique et Homme d'écriture, nous découvrirons ensemble les différentes facettes de cet Ingénieur Civil de formation.   Certains l'appellent l'"Honorable SINDAYIGAYA". Pourquoi ?  Etbien c'est tout cela qui nous a intéressé en l'invitant !  Nous évoquerons avec lui certains points de  l'actualité  et il nous en fera son commentaire.  B.L. 
 B.L.: M. SINDAYIGAYA Jean-Marie, bonjour ! Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
 S.J-M.: Je m'appelle Jean-Marie SINDAYIGAYA. Je suis né "aux environs" ("environs" car ma mère était illettrée) d'octobre de l'année 1956 en Province deMuramvya, Commune Rutegama. Le 29 juin 1993, j'ai été élu député. J'ai, en même temps, été président du groupe FRODEBU jusqu'à l'assassinat du Président NDADAYE. De formation je suis Ingénieur Civil ayant fait mes études à l'Université Catholique de Louvain en Belgique. Je ne suis pas littéraire de formation comme certains ont pu le croire à cause des quelques ouvrages que j'ai écrit.
Il y eutsuccessivement :
(1) Juin 1991 : Sortir de la violence au Burundi qui fut imprimé par les Presses Lavigerie à Bujumbura.
 Dans ce livre, je décris la société burundaise et ses problèmes. J'y proposais  aussi des solutions. Plus précisément, j'ai parlé  de "Conférence Nationale" qui comme on le disait, devait être adaptée à la culture Burundaise. Mais Buyoya l’a refusée.
A cette époque, j'ai mêmeadhéré à une association qui a démarré le débat des conférences publiques sur la démocratisation, les droits de l'homme et autres, qui s’appelait l’A.C.P.B. (Association Culturelle pour le Progrès au Burundi.) J'ai été membre et j'ai été même président de cette association. Nous organisions des débats et des conférences. On a même invité des personnalités comme le Professeur Lemarchand (en juillet1991).
Ce qui m'a poussé à écrire ce livre (1000 exemplaires épuisés en 6 mois. Un véritable succès! ), ce sont les problèmes que je voyais se profiler. En 1990, le débat sur la démocratisation était en marche presque partout en Afrique. Même Mobutu qui avait toujours dit : "parti moko" (un seul parti), "ekolo moko" (un seul pays), "mokonzi moko" (un seul chef) a tourné la page. Fin avril 1990,Mobutu a dit à la télévision " travaillons désormais main dans la main" et le multipartisme était lancé du jour au lendemain. 
Au  Burundi, on faisait l'autruche.  Mobutu, le dictateur que tout le monde a connu, a adhéré au multipartisme dès avril 1990.  Habyarimana y est entré Novembre 1990. Ce sont les pays voisins. Au Burundi, Buyoya organisait le congrès du parti UPRONA en décembre 1990lorsqu' ailleurs, c'était déjà les "Conférences Nationales". C'était un Congrès du Parti Unique UPRONA et avec un bricolage où on mettait qu'il était" élargi". Élargi à qui ? Personne n'a jamais su  à qui il était élargi. On a ramassé quelques réfugiés qui sont venus remercier le "Régime" et sont repartis, certains en exil pour toujours. C'était cela "élargi". Lorsque vous élargissez, vous élargissez àdes forces politiques qui ont un nom. Il pouvait par exemple inviter le MEPROBA. Le MEPROBA serait peut-être venu. Ou d'autres organisations, à l'extérieur. Il y avait beaucoup d'organisations  de réfugiés à l'extérieur. Ils n'ont pas été invités. On a dit "élargi". Mais "élargi" à qui ? A des individus que l'on ramassait à sa convenance? On ramassait ceux qui n'allaient pas dire des chosesdésagréables. C'est cela le problème de cette démocratisation. Tout s'est fait  dans la fausseté.  Vous n'amorcez pas l'ouverture en disant : "Allons y mais petit à petit, mais nous irons" et puis en fermant toutes les issues. Buyoya a dit dans son discours au Congrès, si mes souvenirs sont bons : "L'UPRONA restera la seule source d'inspiration pour le peuple Burundais".  Il faudrait que je revoie le...
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