Interview maurice thorez

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 22 (5430 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 9 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Cet article est disponible en ligne à l’adresse : http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=NF&ID_NUMPUBLIE=NF_005&ID_ARTICLE=NF_005_0086

Maurice Thorez, un homme d’État par Robert HUE
| Fondation Gabriel Péri | Nouvelle Fondation 2007/1 - N° 5
ISSN en cours | ISBN 2-916374-06-X | pages 86 à 91

Pour citer cet article : — Hue R., Maurice Thorez, un homme d’État, Nouvelle Fondation 2007/1,N° 5, p. 86-91.

Distribution électronique Cairn pour Fondation Gabriel Péri. © Fondation Gabriel Péri. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.

DOSSIER

Les communistes et le pouvoir

i

MAURICE THOREZ, UN HOMMED’ÉTAT
ROBERT HUE *
vaillé la question de l’État, sauf, peut-être, dans les années 60-70 quand la section économique du Comité central se consacra à l’analyse de ce que nous appelions alors le Capitalisme monopoliste d’État (CME) ou encore à travers les travaux de philosophes comme Louis Althusser et de quelques autres chercheurs marxistes, qu’ils fussent ou nom membres du PCF. Certains lespoursuivent aujourd’hui. Je crois qu’il faut leur prêter la plus grande attention. Les travaux des historiens sont tout autant précieux. Ils ont démontré que les années 30-40 sont pour le PCF, et pour la gauche, des années majeures. Le Front populaire, la Résistance, la Libération représentent des expériences qui ont laissé une trace profonde dans les mémoires individuelles et collectives. Mais passeulement : elles s’inscrivent dans des tendances lourdes et des contre-tendances non moins pesantes dont le conflit marque l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle et de ce début de XXIe siècle. Les questions que ces expériences et leurs représentations ont soulevées chez les communistes et dans la gauche sont encore brûlantes. Il en est ainsi de la participation des communistes à desgouvernements dans lesquels ils sont minoritaires. En mai 1947, le PCF était le premier parti de France, il avait remporté les élections législatives du 10 novembre 1946 avec 5,5 millions de suffrages et 28,8 %. À la formation du gouvernement Jospin, en 1997, nous obtenions 2 455 000 voix et 9,88 %. Dans le deux cas pourtant, nous avons été confrontés à l’échec. Et, si l’on ne saurait comparer la situationde 1947 à celle de 2002, il reste que certaines des prémices de ces deux crises apparaissent similaires : le mécontentement social, les contraintes internationales, les sentiments partagés des communistes eux-mêmes sur la participation au pouvoir. Les mêmes questions nous étaient bel et bien posées en 1947 et en 2002 : Comment être à la fois un parti de gouvernement et un parti de lutte ? Etd’abord, fallait-il, faut-il, aller au pouvoir ? Pour y faire l y a bientôt soixante ans, le dimanche 4 mai 1947, le président du Conseil, Paul Ramadier, évinçait de son gouvernement les ministres communistes. Ils étaient cinq : François Billoux à la Défense nationale ; Ambroise Croizat au Travail et à la Sécurité sociale ; Georges Marrane à la Santé publique ; Maurice Thorez, ministre d’État, et CharlesTillon à la Reconstruction et à l’Urbanisme. Les communistes participaient au gouvernement depuis celui que de Gaulle avait mis en place à Alger en avril 1944, sauf dans la très courte période du gouvernement Blum « homogène » de décembre 1946 à janvier 1947. Beaucoup a été écrit sur cette période exceptionnelle tant dans l’histoire de la France que dans celle du PCF. Beaucoup reste à...
tracking img