Investir

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2339 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 novembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
MIEUX SAISIR L’IMMATERIEL : QUE PEUT-ON ATTENDRE DES INVESTIGATIONS STATISTIQUES ? (Projet d’intervention à la session du 20 janvier 2006 du Colloque ACN) B. Camus, INSEE, Département des activités tertiaires

L’investissement immatériel pose un lancinant problème d’observation au statisticien. Les débats récurrents sur la définition d’un investissement immatériel sont anciens. Ce point a duêtre abordé de nombreuses fois dans les colloques de l’ACN. En particulier, lors du colloque de janvier 2004, Magali Demotes-Mainard, qui m’a précédé comme chef du département des activités tertiaires, était intervenue sur ce thème ; elle avait alors souligné la grande diversité des approches tant au niveau microéconomique que macroéconomique ; elle concluait qu’en matière d’observation statistique,nous en étions encore à un stade expérimental avec des démarches multiples mal intégrées. Mon intervention de ce jour confirmera cette conclusion en donnant un rapide aperçu de l’approche statistique actuelle de l’immatériel en France. A La nécessaire diversité des approches A.1 L’impasse de l’approche comptable unifiée La statistique d’entreprises française a toujours cherché à profiter d’unancrage comptable pour asseoir son observation. On a pu penser que l’évolution comptable conduirait à définir un concept élargi d’investissement avec un contenu immatériel et qu’il suffirait d’observer cette notion microéconomique pour en déduire un concept élargi d’investissement. Les statisticiens d’entreprises ont fait leur deuil de cette approche, ils se sont rabattus sur une approche plusparcellaire par domaines : on ne vise plus à mesurer une notion agrégée d’investissement immatériel mais à cerner différentes composantes immatérielles d’un effort d’investissement de l’entreprise. L’exercice consiste alors à définir un jeu d’indicateurs significatifs de ces domaines. Ce faisant, on s’éloigne des attentes des comptables nationaux, mais ce détour de production semble actuellementinévitable. On ne sait si l’évolution des normes comptables conduira à réviser ce point de vue. A.2 Les domaines de l’investissement immatériel S’agissant de l’investissement immatériel, on peut distinguer deux grands domaines : un premier où il existe un référentiel méthodologique international explicité par des manuels (manuel de Frascati sur la R&D et manuel d’Oslo sur l’innovation) et un deuxième où laréflexion internationale n’a pas encore abouti à des normes. Sur ces nouveaux domaines, la pratique européenne est de susciter des enquêtes pilotes de quelques pays afin de calibrer un éventuel règlement appliqué ensuite à l’ensemble des pays.

1

. Le noyau dur : R&D et innovation Des définitions précises de la R&D et de l’innovation permettent de cerner des dépenses susceptibles decontribuer à une augmentation d’un capital immatériel de l’entreprise et par agrégation d’un capital immatériel national. Le suivi de la R&D est très ancien, la permanence de sa définition garantit de pouvoir réaliser des comparaisons internationales sur longue période. En ce qui concerne l’innovation, plutôt que d’améliorer la précision de la mesure on a cherché à élargir progressivement le conceptd’innovation de façon à «ratisser plus large » en intégrant notamment des aspects organisationnels et commerciaux audelà de l’approche purement technologique initiale (cf. la révision récente du manuel d’Oslo). Ces domaines donnent lieu à des enquêtes statistiques régulières homogènes au sein des pays développés : . Enquêtes annuelles R&D : elles portent principalement sur les moyens financiers ethumains consacrés à la R&D, els n’abordent que de façon indirecte l’organisation de la R&D au sein des groupes et ignorent les options stratégiques ; . Enquêtes sur l’innovation qui en sont à leur quatrième génération au niveau européen (enquête dite CIS4 actuellement en phase de collecte en France). . Le halo des autres composantes immatérielles Les approches précédentes ne couvrent pas...
tracking img