Invitation au voyage

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  • Publié le : 8 mai 2010
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Commentaire composé de français :

Charles Baudelaire, poète symboliste français, publie en 1857 son recueil de poème Les Fleurs du Mal. Il y traite souvent le thème du voyage lié à celui de la beauté. Dans son poème « L’invitation au voyage », il tente de nous faire partager son désir d’un voyage idéal où tout n’est que beauté et simplicité. Ce poème inspiré par Marie Daubrun nous est évoquéà travers ses yeux verts. L’amour présenté ici est spirituel et non sensuel.
Ainsi comment Baudelaire représente-t-il le voyage dans ce poème ? Tout d’abord nous allons voir qu’il nous présente un lieu « magique ». Ensuite, nous verrons ce qu’est le paradis selon Baudelaire et enfin, nous étudierons les composantes sensibles du bonheur Baudelairien.

Tout d’abord, Baudelaire nousinvite à un voyage idéal dans un lieu « magique ».
Nous allons, dans un premier temps, nous intéresser au rôle de la femme évoquée dans ce poème. En effet il existe une correspondance entre la femme et le paysage décrit par le poète. L’expression « Au pays qui te ressemble » (v.6) le confirme. Baudelaire fait référence à la Hollande. En effet, le décor de la chambre dans la seconde strophe « meublesluisants »v15, « riches plafonds »v21, « miroirs profonds »v22 rappelle un intérieur hollandais caractéristique des tableaux de Vermeer. De plus, le pays est contenu dans la femme. Il existe un rapprochement entre « les soleils mouillés » (v.7) et « yeux/larmes » (v.11-12) : Baudelaire entre dans les yeux de la femme et atterrit dans un monde au soleil mouillé car la femme pleure (moment où elleest la plus belle selon lui). Le voyage est donc vu à travers les yeux de Marie Daubrun, son regard ouvre sur le monde. Par ailleurs, l’utilisation des mots « charme » (v.9), « traître » (v.11) donne à la femme une dimension mystique. Un lien peut être alors fait avec la vie amoureuse de Baudelaire qui est faite de déception amoureuse.
Baudelaire nous expose son voyage idéal à travers son poème.Ce voyage est engendré par le rêve : Il est spirituel. Il ne s'agit pas d'un voyage mais d'une promesse de voyage ouvrant sur le rêve. En effet, l’utilisation du verbe « songe » (v.2) permet de laisser place à la rêverie. Cela ne reflète pas la réalité, la femme doit s’imaginer ce voyage et non le vivre. De plus, l’utilisation de verbes au conditionnelle « décorerait » (v.17), « parlerait » (v.24)renforce cette dimension de rêve : cela n’arrivera peut-être jamais. On remarque aussi qu’il y a une absence d’informations relatives au lieu de destination. L’utilisation des adverbes « Là-bas » (v.3) et « Là » (v.3), qui représentent le contraire d’ « ici », amplifie ce flou et l’idéalité de ce voyage. Par ce procédé, Baudelaire suggère un ailleurs indéfini. Ce voyage est représenté par un lieudoux, charmant et mystérieux tout comme les yeux de la femme.
Ainsi, la femme occupe une place importante dans le poème et sans qui ce voyage ne serait pas réalisable.

Ensuite, Baudelaire aborde dans ce poème le paradis auquel il aspire.
On remarque qu’il existe une progression dans le voyage. En effet, l’utilisation de l’impératif dans la première strophe, du conditionnelle dans ladeuxième strophe et de l’impératif présent dans la dernière strophe le confirme. Baudelaire et Marie Daubrun s’imaginent d’abord le voyage, le visualise pour finalement s’y rendre spirituellement à la fin du poème. De plus, les amants se retrouvent dans un pays où le temps est suspendu, dans un pays non soumis aux contraintes du temps. Ainsi, dans cette vie idéale, les amants pourront s’ « aimer àloisir » (v.4), car rien ne doit entraver l’amour, et « Aimer et Mourir » (v.5) : ils sont capables de faire les deux en même temps dans ce monde contraire d’ici.
Le poète expose dans ce poème un pays contraire d’ici. En effet, le voyage est non dénué d’exotisme. On peut relever le champ lexical de l’exotisme : « les plus rares fleurs » (v.18), « odeurs » (v.19), « vagues senteurs de l’ambre...
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