Itard victor de l'aveyron

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  • Publié le : 7 octobre 2011
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La civilisation est fondée surtout sur la culture. C’est un ensemble de phénomènes sociaux commun à une ou plusieurs sociétés. Tout d’abord, l’auteur affirme que tout homme est civilisé.
D’abord, Jean Itard reprend la thèse d’Aristote, selon laquelle l’Homme, serait à priori le plus faible des animaux, mais que la civilisation lui permet de développer des capacités qui le rendent finalementsupérieur à n’importe lequel des animaux. Il commence par dire que l’Homme naît sans rien, faible et démuni : « sans force physique », « sans idées innées », mais qu’il trouve sa place et sa force « au sein de la société ». Il n’est pas soumis, comme l’animal à un déterminisme génétique, ce qui lui permet de prendre des initiatives, d’innover. En effet, Aristote pense que l’intelligence de l’Hommelui permet d’utiliser sa main de la meilleure façon possible, et ainsi de diversifier son usage en créant des outils qui la prolongent et la spécialisent en fonction des objectifs à atteindre, et dont il peut, contrairement à l’animal, se dissocier, étant ainsi finalement le mieux doté.
Or l’invention de l’outil marque d’une certaine façon le début de la culture, et donc de la civilisation, carelle entraîne toute une série de phénomènes. C’est le début du langage articulé, essentiel pour diffuser et transmettre les techniques et usages à ses semblables. Le lien social s’en trouve donc ainsi accentué. L’outil marque également le début de nouvelles activités, de nouveaux modes de vie et d’expression (comme la chasse, avec les premières armes : le galet puis le silex, ou encore comme l’art)qui caractérisent peu à peu une population. Les Hommes ont commencé à maîtriser leur environnement, à moins en dépendre. Cette série de phénomènes déclenchés à partir d’une invention est ce qu’on appelle le progrès humain, notamment caractérisé par la diversification. L’humanité est donc étroitement liée à la civilisation.
Ensuite, l’auteur dit, que même s’il est d’accord avec la thèse selonlaquelle l’Homme ne serait rien sans la civilisation, il n’est pas d’accord avec la démonstration qu’en ont faite les philosophes des lumières : « vérité, sans doute, bien rebattue, mais qu’on n’a point encore rigoureusement démontrée ».
En effet, au XVIIIème siècle, la civilisation européenne, en pleine philosophie optimiste, était dans une période d’apologie du progrès, progrès scientifique ettechnique, moral. A l’époque, on pensait que le progrès représentait toujours une évolution vers le mieux, le meilleur, et qu’il était synonyme de raison. Mais d’autres civilisations, telles que les civilisations nomades d’Amérique, découvertes par les Européens à la fin du XVème siècle, n’ont pas du tout la même conception du monde. Elles ne sont pas du tout orientées vers l’innovation scientifiqueet technique, mais plutôt vers le lien avec la nature… Les philosophes européens ont alors qualifié ces civilisations de « sauvages », à l’opposé de l’Homme civilisé : la civilisation européenne est devenue un critère de jugement comparatif : « quelques peuplades errantes qu’ils ont regardées comme non civilisées parce qu’elles ne l’étaient point à notre manière ». Deux courants se sont alorsdéveloppés : le mythe du « bon sauvage » de Rousseau et Diderot qui considèrent que la civilisation européenne devrait imiter ces populations considérées comme « non civilisées, simples, innocentes… ». C’est ainsi que Diderot décrit les Tahitiens dans son œuvre Supplément au voyage de Bougainville. Le courant opposé est celui de Voltaire, qui considère, lui, que justement le « sauvage » estintéressant, car perfectible grâce aux apports de la civilisation, sans les préjugés et défauts qui l’accompagnent, tels que les préjugés religieux et qui expose son point de vue notamment dans L’Ingénu. Mais ces deux courants justifiant que l’Homme a besoin de la civilisation pour accéder à son état d’humanité reposent sur une défaillance dès le départ : le préjugé selon lequel l’Homme peut ne pas...
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