Jacques le fataliste - dissertation

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  • Publié le : 20 septembre 2010
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Question : Lisez "Jacques le fataliste" de Diderot. Cette oeuvre est-elle un roman ou un conte philosophique ?

Denis Diderot est né en 1713, au milieu d'une époque où les idées nouvelles des hommes foisonnaient.Peut être que du fait de sa vie tumultueuse, la liberté de penser et les opinions de celui-ci se renforcèrent. C'est en 1778 qu'est publié pour la première fois "Jacques le fataliste"dans une revue. Fractionnée en plusieurs parties, l'oeuvre devait s'étendre sur une période de publication de deux ans. Malgré le fait que l'éditeur eu censuré les parties dites "immorales", les critiques accueillirent mal ce roman. Vous -avez dit roman ? Quelle ne fut pas la surprise de ses contemporains de se retrouver devant un récit si décousu et non conventionnel. Un récit où l'auteur n'hésitepas à s'imposer, coupant la parole à ses propres personnages pour raconter une anecdote. Un livre que Diderot qualifiait de rhapsodie. Mais n'est-ce vraiment qu'une continuité d'histoires dissemblables ? Car c'est en bien des points que cette histoire peut prendre un véritable visage philosophique, voire même un genre nouveau.

"Comment s'étaient-il rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde.Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ?". Ainsi commence "Jacques le fataliste". Dès le début, le lecteur est surpris par cette déstructuration. En effet, les modalités d'un incipit sont exposées par l'auteur lui même sous des questions qu'il décide lui même d'éluder. Car après tout, c'est le lecteur qui est bien curieux! C'est donc sans informations que le lecteur débute l'histoire. Une histoire qui sera bien vite interrompue.
A peine le lecteur se plonge dans les aventures de Jacques et commence à imaginer ce qui va se passer, que l'auteur interrompt ses personnages pour couper court aux divagations du lecteur : " N'allez-vous pas, me direz-vous, tirer les bistouris à nos yeux, couper des chairs, fairecouler du sang, et nous montrer une opération chirurgicale ?" Diderot se joue du lecteur tantôt en le frustrant en dévoilant ses pensées ("Je vous entends, lecteur : vous me dites : Et les amours de Jacques ?..."), tantôt en retardant l'histoire à loisir : "Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an, deux ans, trois ans le récit desamours de Jacques." Mais quel auteur fortement présent pour un roman ! Un roman qui nie les conventions.
Le pacte du roman transgressé.
Dès le début de la lecture, quelque chose frappe pour un roman. En effet, les dialogues sont présentés comme au théâtre. L'essentiel de l'histoire passe par le dialogue entre Jacques et son maître, il y a très peu de temps de narration. Quant au schéma narratif,celui-ci se présente sous une forme très discrète, et on peut le reconstituer finalement, seulement en ayant lu le livre de bout en bout. Car les informations sur les personnages et leur situation sont distribuées au compte goutte, voir même très approximativement comme leur situation géographique :"Si je ne vous ai pas dit plus tôt que Jacques et son maître avaient passé par Conches, et qu'ilsavaient logé chez le lieutenant général de ce lieu, c'est que cela ne m'est pas revenu plus tôt". Mais enfin, ce qui marque le plus, c'est que le récit principal est coupé par des histoires annexes.

Le titre du livre annonce la couleur, Jacques est un fataliste. Une fatalité qu'il tient de son capitaine, comme quoi toutes les actions des hommes à venir sont écrites sur "le grand rouleau".L'histoire du poète de Pondichéry illustre bien la vision du destin selon Jacques. Un mauvais poète qui, écoutant un conseille comme quoi il devrait se rendre à Pondichéry, devient riche en vendant des bijoux. Mais la fâcheuse tendance de Jacques à justifier chaque action en disant "Ca devait être écrit là haut", peut sous entendre qu'il y croit pas forcément mais qu'il essaye de se convaincre lui...
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