Jacques le fataliste

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  • Publié le : 28 mars 2010
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Jacques le Fataliste

Lecture analytique n°1 : p.137 à 141

Jacques et son maître arrivent dans une auberge tenue par une aubergiste très bavarde qui décide de leur raconter pourquoi le mariage qu’a fait l’homme qui a maltraité Nicole (la chienne) était saugrenu.
Son histoire, avant de commencer est interrompue par l’entrée en scène de son mari et d’un de ses compères qui lui doit del’argent.
Dans une première partie nous verrons pourquoi on peut qualifier cette scène de « théâtrale », puis, dans une deuxième, l’attitude de l’hôte et son revirement moral et enfin nous étudirons la fonction de l’anecdote.

I. Une scène théâtrale
La présentation du texte est semblable à celle d’un dialogue théâtral avec les noms des personnages avant leurs paroles, désignés par leursfonctions. Les interventions du narrateur sont très courtes et ont la valeur de didascalies, avec des indications de gestes « se retournant », « le paysan […] se faisait tenir à quatre »… De plus les notations psychologiques sont très rares.
Le thème aussi, une dispute à propos d’argent, est un thème théâtral courant, surtout dans les comédies.
Le renversement de situation où lesupplié devient le suppliant et inversement, le langage familier, courant où le ton monte et descend, avec des interpellations et des reprises comme « je n’en ai point » « tu n’en as point ? » sont également typiques de la comédie.

II. L’attitude de l’hôte : un revirement moral
L’hôte arrive énervé « Eh ! que diable faites-vous là ?... », il ne veut pas que sa femme perde du temps en palabres,c’est un personnage colérique. Les premiers mots à sont compère sont « M’apportez-vous de l’argent ? ». Il est ensuite désagréable, menace son compère et blâme sa femme de l’avoir convaincu de lui prêter de l’argent « cette maudite bavarde, qui est la cause de tous les sottises de ma vie ».
Le compère défend sa cause de manière saisissante, au présent pour montrer les conséquences desdécisions de l’hôte comme immédiates. « Les huissiers sont chez moi, et que dans un moment nous serons réduits à la besace, ma fille, mon garçon et moi. ».
Dans un premier temps, l’hôte reste insensible, terminant toutes ses répliques par « sors d’ici ».
L’hôte est accusé d’être responsable de la mise en condition de la fille du compère alors qu’il n’a encore rien fait. Ce procédé estd’une grande habileté argumentative. Le qualificatif « homme dur » fait réagir l’hôte, en fait il est bon, n’est pas aussi méchant qu’il en à l’air mais plus humain.

III. Les fonctions de l’anecdote
Cette anecdote a tout d’abord une fonction morale : elle illustre une nature humaine généreuse dont il ne faut pas désespérer, tout le monde peut changer et en chaque homme il y a du bon et dumauvais. C’est une vision optimiste de la nature humaine.
Dans cette anecdote, la loi ne pas tout régenter dans la société, elle peut subir des aménagements : l’hôte renonce à ses droits face à la situation critique de son compère.
Cette anecdote a aussi une fonction par rapport au récit qui va suivre : en effet, comme l’hôte, la mère et la fille d’Aisnon ne sont pas si mauvaises, vénales etcourtisanes, qu’il y paraît au départ. Quant à la mésentente conjugale, ce thème est aussi présent dans les deux histoires. La rigueur du mécontentement de l’hôte renvoie à la rigueur de la vengeance de Mme de la Pommeraye. De plus, dans les deux histoires, le dénouement est inattendu.

Cette anecdote présente sur un ton comique et en une version simplifiée les thèmes exploités dansl’histoire qui va suivre.
Lecture suivie : p.141 à 151

Jacques est jaloux de l’hôtesse, usurpé de son rôle de parleur par cette conteuse avertie. Dans ce passage se succèdent deux histoires : celle du bourru bienfaisant et celle de la chienne Nicole.

L’histoire du bourru bienfaisant, est un redoublement de l’histoire de l’hôte. C’est une reprise d’une pièce de Goldoni. Ce...
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