Jacques le fataliste

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  • Publié le : 1 juin 2011
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EXAMEN NOEL 2010 FRANÇAIS

ANALYSE DES LIVRES

JACQUES LE FATALISTE

Classes sociales

Jacques le Fataliste est un roman satirique, il brosse un panorama critique de la société du XVIIIe siècle : les gens d’Église, les nobles, les bourgeois et les paysans.
Les gens d’Église : Histoire du frère de Jacques et du père Ange : Les moines n’ont aucune vertu,mais tous les vices : jalousie, hypocrisie, méchanceté, cupidité. « Le meilleur d’entre eux ne vaut pas grand argent ». Ils sont plus soucieux des jolies femmes que du salut de leur âme ou de Dieu. La claustration et le célibat les déshumanisent. Entre-eux, ils sont implacables et cruels.
Ensuite, aucun des prêtres évoqués n’est estimable. Le « petit abbé » dont s’éprend Mme d’Aisnon est« impie, incrédule, dissolu, hypocrite et antiphilosophe »(p.162). Le confesseur les entremetteurs sans scrupule.
De plus, Diderot dénonce l’hypocrisie que constitue la fausse dévotion. Pour paraître estimable dans le grand monde, il suffit de feindre des pratiques et des sentiments religieux. Exemple : Mme de La Pommeraye oblige Mme d’Aisnon à jouer les dévotes.
Une autre histoire,celle du Père Hudson, qui exigent à ses moines des vertus qu’il ne pratique pas lui-même, montre que les appuis politiques sont indispensables, puisque contrairement à Mme de La Pommeraye, il réussit sa vengeance grâce à ça.
Diderot montre que ce ne sont pas les gens eux-mêmes qui sont mauvais, mais plutôt l’institution qui les rend mauvais.
Les nobles : Diderot dénonce l’inutilité desclasses « possédantes ». En effet, Diderot montre un maître passif, peureux. Il le compare à un automate qui se laisse exister. Il n’est rien « sans sa montre, sans sa tabatière et sans Jacques. ». Sa richesse est la seule raison de sa position. Le maître refuse de se mésallier avec la jeune Agathe. Il a une conception hautaine de l’honneur, il s’oblige à maintenir la réputation de sa race. A sesyeux, sa qualité de noble doit lui faciliter tous les succès. Diderot ne donne pas de nom au maître, et cela montre sa propre raison d’exister : il existe parce qu’il est maître, et parce qu’il a un valet. Sans celui-ci il n’est rien, il est dépendant.
Cependant, le marquis des Arcis est la preuve vivante que tous les nobles ne sont pas « mauvais ». Il surpasse les préjugés, et fait preuved’une grande générosité. C’est un homme d’Cependant, le marquis des Arcis est la preuve vivante que tous les nobles ne sont pas « mauvais ». Il surpasse les préjugés, et fait preuve d’une grande générosité. C’est un homme d’honneur.
Les médecins : Les médecins qui soignent Jacques ne savent pas, ils auscultent mais ne soignent pas. Il ne font que boire du vin et se contredire dans leurdiagnostic, ils font durer les maladies pour l’argent. D’ailleurs, le médecin qui soigne Jacques est un cupide et un « ivrogne invétéré ».
Les bourgeois : La critique bourgeoise montre que l’argent est un facteur de mobilité sociale et de corruption morale. Ils prétendent aider le maître, mais c’est une façon pour eux de s’enrichir rapidement.

Les paysans : Diderot se montre attentif à lamisère du monde paysan, frappé par une grave crise économique (« L’année est mauvaise ; à peine pouvons-nous suffire à nos besoins et aux besoins de nos enfants. Le grain est d’une cherté ! Point de vin ! Encore si l’on trouvait à travailler ; mais les riches se retranchent ; les pauvres gens ne font rien ; pour une journée qu’on emploie, on en perd quatre »(p.53)). Diderot s’indigne et s’émeut,d’autant que la pauvreté provoque une insécurité générale (« ils traversaient une contrée peu sûre en tout temps, et qui l’était bien moins encore, alors que la mauvaise administration et la misère avaient multiplié sans fin le nombre des malfaiteurs »(p.41)).
Il revient à ce problème lorsque, obligé de réemprunter sans avoir pu rembourser ses dettes antérieures, le paysan se trouve...
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