Jacques le fataliste

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  • Publié le : 19 juin 2010
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Introduction au commentaire :
-Comme le Neveu de Rameau, le roman Jacques le fataliste est composé en plus de dix ans et accorde dans le récit une grande importance au dialogue entre les deux personnages.
-Dès la première page (incipit), on perçoit l’originalité de l’œuvre, on y découvre un double dialogue, l’un entre le narrateur et le lecteur, l’autre entre Jacques et son Maître, construitspresque symétriquement et qui suscite une réflexion sur l’écriture romanesque.
 -Nous suivons Jacques et son Maître dans leur voyage et leurs conversations soulevant sans cesse des questions morales, sociales, philosophiques, en particulier l’interrogation centrale, que suggère le titre sur la liberté et la fatalité.
-Dès le début, Diderot remet en cause les procédés du roman traditionnel,bouscule nos habitudes, nous amène à nous interroger sur les conventions romanesques et sur la liberté du créateur, tout comme l’ensemble de la page pose la question de la liberté humaine face au déterminisme.

I UNE ENTREE EN MATIERE ORIGINALE
1)Une attente déçue
Les premières pages d’un roman comportent en général toutes les indications que le lecteur attend. Ici accumulation de questions «comments’appelaient-ils ? » « Comment s’étaient-ils rencontrés ? »…, ms le narrateur refuse de répondre (nom, personnages, portraits, lieux, temps…). Diderot se moque de nous et même nous nargue : « Que vous importe ? ». Montre la toute puissance de l’auteur. Le maître n’aura jamais de nom (désigné par son statut), le serviteur n’aura qu’un prénom à connotation paysanne (Jacques le Fataliste : étrangecar connotation psycho.).
Diderot refuse de nous informer davantage et nous amène à nous interroger sur la nature de l’illusion romanesque. Il nous prive de tous les repères dans un récit déjà entamé. Le «ils» de la première phrase n’a pas de référent, il faut attendre la troisième ligne pour apprendre qu’il s’agit du Maître et de Jacques.
 Le dialogue comme au théâtre a déjà commencé sansnous ; le narrateur daigne nous le présenter en un discours deux fois indirects : « Jacques disait que son capitaine disait que… ». Le narrateur intervient encore directement [l.8], «après une courte pause », Et tout à la fin de notre passage en nous interpellant, en nous prouvant sa toute puissance : Eveil notre curiosité puis la déçoit : « c’était l’après-midi » n’annonce en fait pas le début desaventures de Jacques ; maître dort la nuit (impasse) ; scène de farce, le maître bat Jacques.
Ms tj rien. Intervention moqueuse : « Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin et qu’il ne tiendrait qu’à moi… » Il ouvre devant nous des pistes qu’il pourrait suivre et qu’il ne suivra pas (le mariage du maître, …). Il pose ainsi implicitement la liberté de l’écrivain.
Le lecteur est désorienté,curiosité tj déçue mais Diderot veille à nous donner des indices nécessaires pour la compréhension de l’histoire.

2/ Un récit, un dialogue
A la fois un récit et un dialogue, partie narrative tj entrecoupée par la partie dialoguée.
Malgré les refus du narrateur nous pouvons reconstituer l’histoire de Jacques, et même sa chronologie : nous sommes en France, le jeune Jacques est entrain de boireau cabaret. Le vin est dans, Il oublie de s’occuper des chevaux, son père le frappe, il s’engage dans l’armée, il participe à la bataille de Fontenoy (nous sommes quelques années après le 11 mai 1745). Il reçoit une balle au genou, il sera boiteux…
Tout cela est présenté dans le désordre, Diderot fait appel à notre intelligence, nous comprenons que le roman est presque contemporain de l’écrituredu roman. Nous comprenons aussi a posteriori la malédiction du cabaretier, l’histoire du capitaine, son fatalisme : « c’était écrit là-haut ». Personnage du capitaine se trouve tout au long du roman. Diderot l’utilise pr créer une illusion romanesque : personnages vivent indépendamment du roman, avt et après. Ms en même temps dénonce cela en ne répondant pas (ou vaguement) aux questions du...
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