Jean cocteau la machine infernale, acte i, depuis «si j’avais un fils (…)» jusqu’à la fin de l’acte i.

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  • Publié le : 28 novembre 2009
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Jean Cocteau
La Machine Infernale, Acte I,
Depuis «si j’avais un fils (…)» Jusqu’à la fin de l’acte I.

Le passage à étudier est extrait de la Machine Infernale de Jean Cocteau, dont le héros Œdipe, va connaître une destinée hors du commun. Dans le 1er acte de la pièce, deux soldats montent la garde et discutent entre eux puis avec leur chef, d’un fantôme qui leur est apparu à plusieursreprises. Il s’agit du fantôme de Laïus, roi de Thèbes, aujourd’hui disparu.. Jocaste, sa veuve vient les rejoindre sur les remparts de Thèbes pour assister à ces apparitions, elle est accompagnée de son oncle, Tirésias, un vieux devin aveugle. Elle ne verra pas le fantôme qui tente pourtant de les prévenir d’un danger imminent. Le passage que nous allons étudier se situe à ce moment de la pièce, oùJocaste déçue de n’avoir pas vu le fantôme de Laïus quitte les remparts, à peine est-elle partie, que le fantôme réapparaît aux soldats.
Le mélange des tonalités de ce passage concourt-il à intensifier le tragique et ainsi rendre visible l’inévitable fatalité du destin ? Dans un premier temps, nous étudierons le personnage de Jocaste, avec tout ce qu’il a de pathétique, de tragique et dedésespéré. Dans un second temps, nous nous intéresserons à l’échange entre les soldats, qui, par sa tonalité comique rompt l’atmosphère tragique du moment. Enfin, nous remarquerons que la tonalité fantastique de ce passage apporte une note poétique inquiétante, symbole de la mise en marche de l’infernale machine du destin.

Le personnage de Jocaste dans ce passage est tout entier soumis à la volonté desautres, que ce soit celle de Tirésias ou celle du fantôme de Laïus qui ne lui apparaît pas, Jocaste ne maîtrise pas son destin, elle est pathétique et désespérée.
Dès les premières lignes de l’extrait, le lecteur apprend de Jocaste, qu’elle est manipulée par Tirésias, il l’influence pour l’amener à réfléchir comme bon lui semble « ne réveille pas ces tristesses », le terme affectueux qu’ilutilise à son égard « ma colombe » installe la supériorité de Tiresias en faisant d’elle un oiseau fragile. La première réplique de Jocaste installe le tragique de cet extrait. En effet, le spectateur sait déjà quel va être le destin de cette reine, Jocaste rêve à son fils perdu et la gradation de ses regrets renforce le sentiment de son désespoir « si j’avais un fils, il serait beau, il tuerait lesphinx, reviendrait vainqueur ». C’est une longue plainte de la mère qui pleure son fils, illustré par l’emploi du champ lexical du désespoir et d’anaphores « ménage plus doux, ménage plus cruel, ménage plus fier, j’ai failli m’évanouir ».
Jocaste, désespérée, pathétique est aussi une victime. Son statut lui interdit de vivre comme les autres, « je suis une victime, les autres peuvent rire, danser,s’amuser ». Elle est prisonnière de son rôle de reine et de sa douleur, elle se sent cernée et menacée par des objets qui veulent sa mort, la broche, l’écharpe, tout autour d ‘elle lui est hostile et renforce le côté tragique de la scène. L’emploi des anaphores « la broche qui crève l’œil », « les escaliers me détestent », « les escaliers, les agrafes, les écharpes » « ils veulent ma mort »renforcent l’idée que Jocaste est une victime en danger. La personnification des objets renforce le tragique de la situation. L’aspect dramatique de son personnage est, la conscience qu’elle a du danger qui l’entoure et des maigres dispositions prises pour la protéger. L’emploi du champ lexical de l’exaspération illustre ce constat « stupide ! votre pied ! » « le comble du ridicule ! », monseigneurest absurde ! » c’est vous le maladroit ! ».
Le jour se lève, Jocaste quitte les remparts par les escaliers, au bras du jeune soldat la descente est un plaisir, on peut noter le changement radical de la perception de la reine, les escaliers ne sont plus ses ennemis auprès de celui qui lui rappelle tellement son fils, « superbe », « comme je descends bien » »zizi vous suivez , vous »,...
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