Jean de la fontaine , ''le pouvoir des fables''

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  • Publié le : 11 octobre 2010
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« Le Pouvoir des Fables » de La Fontaine

Introduction : Cette fable est la quatrième du livre huit et se situe donc dans le second recueil qui traite de sujets plus sérieux, destinés à un public plus averti. Elle illustre parfaitement ce vers inscrit dans la dédicace à Madame de Montespan qui ouvre le second recueil : « vous savez quel crédit ce mensonge a sur nous ». Le titre de cette fablenous invite à une réflexion sur la portée, le pouvoir des fables et l’influence qu’elles peuvent exercer sur nos esprits. Celle-ci s’inscrit également dans un contexte politique et historique particulier qui nous renvoie à des considérations plus sérieuses.

Dédicace : Mr de Barillon était un ami de La Fontaine. Il fut ambassadeur de Louis XIV à la cour d’Angleterre. Son rôle futimportant : la guerre contre la Hollande se prolongeant, il devait convaincre Charles II d’Angleterre de rester neutre (de ne pas prendre part aux Communes unies contre la France). Cette dédicace indique clairement que La Fontaine s’adresse à un homme politique, et plus largement à tous les hommes de pouvoir, à tous les lecteurs.
Dès les premiers vers de la dédicace, La Fontaine dénigre les fablespar un vocabulaire péjoratif : « contes vulgaires », « téméraires », « grâces légères ». Il s’agit là d’une stratégie visant à laisser la fable qui suit démontrer les pouvoirs de ce genre.

I- Deux Méthodes employées et deux réactions différentes :
L’orateur emploie deux discours radicalement différents pour capter l’attention du peuple : le premier est un échec, mais lesecond fonctionne à merveille.

1- Une Rhétorique ennuyeuse :
Pour traiter d’un sujet sérieux, l’orateur développe son discours rhétorique avec éloquence. Celui-ci se montre extrêmement virulent : l’hyperbole « art tyrannique » témoigne de la violence que son éloquence veut produire sur le public. De plus, le champ lexical de la violence vient renforcer le ton donné à sondiscours : « forcer », « fortement », « figures violentes » (en parlant des figures de style typiques du discours rhétorique), « exciter les âmes » ; de même pour l’accumulation : « il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il put », dans laquelle La Fontaine évoque la figure de la prosopopée qui consiste à faire parler les morts pour avoir un impact plus vif sur l’auditoire. Le rythme irrégulier dece vers montre que l’orateur est décontenancé par la réaction du peuple. Dans un premier temps, il montre sa détermination à persuader mais constate assez rapidement son échec, même après avoir usé de tous les moyens rhétoriques qu’il possédait. Cette image de l’orateur semble caricaturée par les traits grossiers, volontairement exagérés par les nombreuses hyperboles présentes dans la fable. D’unautre côté, on observe un peuple insensible et passif, en total contraste avec l’attitude énergique de l’orateur : cette passivité se traduit par de nombreuses négations : « personne ne s’émut », « ne daignait l’écouter », « point à ses paroles » et l’expression « tous regardaient ailleurs » qui suggère, par le pronom indéfini « tous », que la totalité des personnes présentes se désintéresse despropos de l’orateur.

2- Une Fiction Captivante :
L’interrogation : « Que fit le harangueur ? » accompagnée de sa réponse : « il prit un autre tour », indique un changement radical dans la façon de parler de l’orateur. Cette fois, grâce à la ponctuation (les guillemets), le discours de l’orateur est rapporté de manière directe. Quittant la rhétorique, l’orateur opte pourune fiction mettant en scène des personnages mythologiques en ce qui concerne « Cérès » (déesse latine des moissons) et des personnages animaliers : « Hirondelle » et « une Anguille ». Le choix des personnages (nombre réduit et facilement identifiable) et la simplicité de la fiction (vocabulaire accessible et phrases courtes) s’opposent à la grandiloquence du précédent discours. Cette anecdote a...
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