Jean de la fontaine, la jeune veuve

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  • Publié le : 2 novembre 2011
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Lecture analytique : « La jeune veuve » de Jean de La Fontaine :

Introduction :
La Fontaine, fabuliste du 17ème siècle, s’est inspiré des fabulistes de l’Antiquité Phèdre et Esope mais aussi de certains récits orientaux. Le but des fables est de fournir des éléments de réflexion. Le récepteur des visées didactiques est le dauphin du roi, c’est donc à un enfant appelé à gouverner plus tard queLa Fontaine entend, grâce au monde animal, fournir une vision sur la morale, la justice. Cette dimension morale est marquée dans les premiers livres, qui comme « Caractère » ont connu des rééditions successives. Les « derniers livres » comportent une dimension plus philosophique comme la fable de La Jeune Veuve permettant de délivrer une réflexion sur les sentiments humains en particulier ladouleur à la perte d’un être cher.

Problématique :
Etudier comment, à travers les apparences d’un récit plaisant humoristique, l’auteur délivre une vision philosophique de l’action du temps sur les sentiments humains.

Plan :
1) Un récit plaisant
2) Les personnages en présence
3) La conception générale

1) Un récit séduisant

a) Une structure travaillée
Il s’agit d’une fableversifiée organisée en deux étapes : le récit vers 16 à 48 précédé d’une morale introductive vers 1 à 15. Cette morale entend orienter notre réception du récit immédiatement. Le texte gagne son efficacité par des jeux d’écho entre ces deux parties d’abord au niveau du thème, avec la jeune veuve mise en scène dans le récit, le récit fonctionne comme une démonstration de la morale introductive qui estqu’avec le temps la tristesse s’envole, s’explicitant à partir du vers 34 tant et si bien que l’évolution du personnage féminin confirme le parallélisme des vers 5 à 8 : « Entre la veuve d’une année / Et la veuve d’une journée / La différence est grande : on ne croirait jamais / Que ce fût la même personne ».
De fait cette différence est manifestée à travers le discours direct pour les paroles de lafemme. Le récit développe et confirme donc en plusieurs points les affirmations préalables de la morale. Cette répétition et amplification passant par la structure retient l’attention et accentue la force de conviction d’un texte dont les deux étapes se rejoignent. Ainsi les vers de transition 14-15 « Comme on verra par cette fable, / Ou plutôt par la vérité » articulant la fable achèvent de luidonner cohérence et cohésion. On peut relever une structure très rigoureuse, un thème de réflexion posé dès la morale dans les 16 premiers vers et l’illustration reprenant les mêmes étapes de réflexion.
b) L’art du récit passe aussi par le mélange des registres
Dès le titre est introduit un thème douloureux : le deuil conjugal, par « la jeune veuve ». Ce thème occasionne un registre tragiquepassant par le champ lexical de la mort et du deuil. Il est à noter que pour évoquer cette réalité douloureuse, La Fontaine recourt à des euphémismes (« la perte d’un époux » vers 1, « partait pour l’autre monde » vers 17) et à l’expression du chagrin (« tristesse » vers 3, « inconsolable » vers 12). Le vocabulaire reste discret, atténué, et le registre tragique demeure limité à l’évènement seul de lamort. Ce registre tragique limité s’accompagne d’un léger pathétique naissant du discours rapporté de la femme vers 18-19 « Attends-moi, je te suis ; et mon âme, / Aussi bien que la tienne, est prête à s’envoler. » et par l’expression de l’inquiétude paternelle vers 23 « pour la consoler » et 45 « le père ne craint plus ce défunt tant chéri ». La pitié, compassion éveillée reste modérée, limitée.Malgré le thème douloureux se construit progressivement un registre lyrique. Le domaine sentimental est délivré par le père à titre d’hypothèse. Ce registre nait aussi de la référence mythologique vers 40 « Toute la bande des amours » et de l’évocation des plaisirs de l’existence vers 41 «  les jeux, les ris, la danse ». Enfin c’est sur une évocation lyrique que se clos cette fable au...
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