Jean de la fontaine - les deux coqs lecture analytique

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  • Publié le : 10 janvier 2010
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Lecture Analytique : Les deux Coqs

La fable « Les deux Coqs » est une fable de Jean de La Fontaine (1621-1695) est un grand fabuliste français, qui s’est beaucoup inspiré d’Esope et de Phèdre, a écrit de nombreuses fables mettant en scène des animaux. Celle ci est extraite du livre VII des Fables de La Fontaine, recueil publié entre 1668 et 1693. Elle met en scène deux coqs qui se livrent uncombat pour une poule. Le vainqueur crie sa victoire sur tous les toits et se fait attraper par un vautour. Le vaincu revient finalement près de la poule et gagne l’admiration de toutes les autres. Le combat qui oppose les deux coqs est cependant l’objet d’une narration parodique et burlesque dont le fabuliste nous invite à tirer une leçon sur l’humilité des hommes. Nous allons donc étudier deuxparties qui sont :
I- Un récit burlesque
II- La portée de la fable

I- Un récit burlesque

1) Une transposition parodique
Dès les premiers vers du texte, La Fontaine fait référence à L'Iliade d'Homère en comparant le conflit des deux Coqs à la guerre de Troie : « Deux Coqs vivaient en paix ; une Poule survint, 
Et voilà la guerre allumée. 
Amour, tu perdis Troie ; et c’est de toique vint 
Cette querelle envenimée, 
Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint » (v.1 à v.5) ; les volatiles de la fable se livrent, en effet, un combat sans merci pour une Poule, comme jadis le roi grec Ménélas et le Troyen Pâris s'affrontèrent pour la belle Hélène ! Cette transposition d'un épisode de la mythologie grecque est évidemment parodique. La fable de La Fontaine ne s'apparente àl'épopée, genre poétique destiné à célébrer les exploits des héros et des dieux, que pour railler les vaines prétentions des gallinacés qu'elle met en scène. Le burlesque consiste ainsi à transformer l'épopée antique en une vulgaire querelle de poulailler.

2) Un style héroï-comique
La Fontaine recourt ironiquement au style élevé de la poésie épique pour ridiculiser les personnages qu'il meten scène. Le champ lexical de la lutte (« guerre » v. 2 ; « querelle envenimée » v. 4 ; « combats » v. 6 ; « victoires » v. 20), les allusions à la mythologie (v. 1 à 10) ou l'apostrophe au dieu Amour (« amour, tu perdis Troie », v. 3) confèrent au combat de deux Coqs une grandeur insolite et cocasse. Le fabuliste pousse l'ironie jusqu'au pastiche, (imitation de la manière d'écrire d'un auteur). Enqualifiant la Poule de la fable d'Hélène au beau plumage (v. 9) le poète recourt, en effet, à l'épithète homérique, expression désignant un être par sa principale qualité (ex : « Ulysse le divin », « Achille aux pieds légers »). Ce faisant, il tourne en dérision le style héroïque de l'épopée et donne à son récit une tonalité burlesque.

3) Une esthétique de la gaieté
En mêlant, comme il lefait, un sujet des plus communs au registre élevé de la mythologie, La Fontaine pratique ce que l'on pourrait nommer une esthétique de la gaieté. Nulle gravité dans l'évocation du combat fratricide des deux Coqs ou dans l'intervention fatidique du Vautour (v. 23), mais une légèreté, une espièglerie, un goût certain de l'incongruité et de la moquerie joyeuse. Ce sont elles qui expliquent la vivacitéavec laquelle l'histoire des deux Coqs est narrée ou le jeu de mots qui accompagne, au vers 26, l'évocation du second triomphateur venu « faire le coquet […] autour de la Poule ». Ce terme, issu du substantif « coq », déprécie la virilité du séducteur en suggérant par le jeu du diminutif "et", qu'il n'est qu'un petit coq. Selon La Fontaine, la gaieté n'est pas simplement « ce qui excite le rire ».Elle est davantage, on le voit, « l'air agréable » que l'on donne à un sujet sérieux lorsque l'on souhaite inviter le lecteur à la réflexion.

II- La portée de la fable

1) La dureté des rapports de domination
L'histoire narrée dans cette fable démontre que la discorde règne sur le monde.
L'état de paix évoqué dans le premier hémistiche du vers 1(« Deux Coqs vivaient en paix ») est aussi...
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