Jeunesses au québec

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  • Publié le : 19 novembre 2009
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Centre étudiant Benoît-Lacroix Centre de pastorale de l’Université de Montréal

Difficultés, défis et aspirations des jeunes au Québec
Exemples rencontrés à la Maison Dauphine
1. Les défis qui se présentent à la jeunesse

La situation de la jeunesse d’aujourd’hui Création de la société industrielle, il s’est dessiné avec la jeunesse, un modèle de passage à la vie adulte. Les principauxcritères de ce passage sont la fin des études, l’insertion professionnelle, la constitution d’un nouveau foyer et enfin la constitution d’une famille. Dans la situation actuelle, ces critères semblent fonctionner difficilement. D’après l’auteur Marc-André Deniger (1996), les jeunes font face à une difficulté importante qui est celle de sortir de la jeunesse pour accéder à un statut d’adulte. Lajeunesse, qu’il définit comme une période d’indétermination sociale et professionnelle tend à se prolonger. Les frontières de la jeunesse sont floues et l’expression « jeune adulte » témoigne bien de cette ambiguïté et de l’allongement de la période de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Pour sa part, l’auteur Jean-François René (1993) observe aussi l’allongement de ce temps de passage qu’est lajeunesse et il croit que cette période est davantage marquée par une indétermination croissante. Les jeunes vivent en ce moment une situation précaire qui se présenterait sous plusieurs visages. Conséquemment, cette précarité amène René à croire en une modification importante de la jeunesse. Selon ce dernier, d’un temps de vie, la jeunesse se transforme en un espace de vie précaire. Il utilise cestermes parce qu’il affirme que les jeunes s’installent, pour un temps indéfini, dans un espace de vie qui n’est ni l’exclusion complète ni l’intégration ou l’installation dans la vie adulte. Bien que ce ne soit pas le propre de notre époque, Deniger (1994) fait remarquer que la catégorie sociale « jeune » se polarise entre deux types d’itinéraires sociaux : la normalité et la marginalisation.Pour lui, à l’intérieur même de l’exclusion, on retrouverait une hiérarchisation qui passe par la fragmentation des statuts. On en serait arrivé à faire une distinction entre les vrais nécessiteux et la stigmatisation des populations non méritantes. Cette fragmentation des statuts serait favorisée à la fois par la sélectivité accrue des politiques sociales et par la transformation culturelle quiconduit au renforcement de l’idéologie de la responsabilité individuelle. Cette idéologie provoque une remise en question de la responsabilité collective d’assumer les problèmes sociaux. L’identité ou les défis de la jeunesse Comme l’affirme Maranda (1993), personne n’est responsable de sa propre naissance donc personne ne devrait être responsable de sa propre identité. De par sa naissance, u nepersonne appartient à une société et, en principe, le groupe doit lui reconnaître une place, une identité pour que la personne puisse s’y inscrire et donc puisse exister. Le processus identitaire à l’œuvre dans une société a pour fonction de structurer un seul univers sémiotique, qu’il le fasse de quelque manière que ce soit (Maranda 1993 : 19).

Difficultés, défis et aspirations des jeunes auQuébec

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L’individu produit par la rencontre fortuite d’un ovule et d’un spermatozoïde « doit être assumé socialement par ceux qui l’ont engendré, eux-mêmes engendrés dans une société à qui ils n’ont rien demandé mais qui leur demande tout en leur donnant une existence avec laquelle ils doivent se tirer d’affaire au mieux de leur connaissance et de leur pratique » (Maranda 1993 : 20). Le processusindentitaire en place dans une société devient dans cette optique le mode de reconnaissance obligée du fortuit. « L’identité devient un concept-mécanisme de soulagement. En effet, elle énonce que, en vérité mon existence ne dépend en rien de moi » (Marande 1993 : 20). « L’être humain reste un sujet social anonyme tant qu’il n’est pas interpellé par le rôle qui lui dictera les performances...