Jivya soma mashe

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  • Publié le : 21 mai 2010
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Les indiens appellent les individus issus de communautés tribales les "adivasi", ce qui signifie "premiers habitants". Pourtant, de l'art tribal indien nous ne connaissons presque rien. Durant plus de plus de deux mille ans, le foisonnement des arts sacrés, bouddhistes, jaïn, hindous ou encore musulmans, ont presque totalement occulté l'art tribal de ce sous-continent.
L'un des rarestémoignages qui nous soient parvenu est celui de l'art des Naga . L'art de cette tribu, jadis coupeurs de têtes et christianisée dans les années 50, avec ses sculptures, ses parures ou son architecture a rivalisé avec les plus belles pièces de l'art tribal d'Afrique et d'Océanie. Les quelques autres témoignages nous viennent du travail exceptionnel d'ethnologues dont celui, dans les années 30, d'ElwinVerrier à propos de la tribu des Gond dans l'État du Madya Pradesh, au cœur de l'inde. Malheureusement très peu de pièces anciennes ont été conservées et il est rare d'avoir l'occasion de les admirer.
Fort heureusement, grâce au gouvernement indien et à l'aide ponctuelle d'amateurs éclairés, l'art tribal de l'Inde ne s'est pas complètement éteint. Dans les années 70, le gouvernement indien, conscientde la disparition progressive de ce patrimoine artistique est venu en aide à l'ensemble de ses diverses communautés ethniques. Afin de pouvoir conserver une trace durable de ses arts rituels traditionnellement éphémères les émissaires du gouvernement ont introduits auprès de ces artistes d'autres supports tels que le papier et la toile. Faciles à transporter et à exposer, ces nouveaux supports ontpermis également de faire connaître ces formes d'art ancestral hors de leurs frontières géographiques. Exposées et vendues dans les magasins d'État, ces peintures et dessins avaient aussi pour finalité d'apporter un complément de revenus à ces communautés le plus souvent très démunies. Parmi cette production artistique essentiellement destinée à une clientèle de touristes, quelques unes d'entreellesparticulièrement intéressantes retinrent l'attention de spécialistes ou d'amateurs éclairés. Ainsi fût découvert, dés le début des années 70, la plupart de celles ou de ceux qui allaient devenir les représentants majeurs de l'art tribal indien.

Jivya Soma Mashe fût l'un des premiers d'entre eux à avoir une reconnaissance nationale puis internationale. Jivya Soma Mashe fait partie de latribu Warli. Située dans le Thane District, à approximativement 150 km au nord de Bombay, la tribu Warli compte encore aujourd'hui plus de 300 000 membres. Les Warli n'ont rien à voir avec l'hindouisme. Ils ont leur propre mode de croyance, de vie et de coutume. Les Warli parlent un dialecte qui ne s'écrit pas. Il est un mélange de mots issus du sanskrit, du Maharati et de Gujarati. Le mot Warliviendrait du mot "warla" qui désigne une parcelle de terrain, un champs. Yashodara Dalmia, dans son livre intitulé "The painted Word of the Warlis", note que les Warli seraient le prolongement d'une tradition dont les origines se situent entre 2 500 et 3 000 avant JC. Leurs peintures murales s'apparentent à celles faites 500 à 10 000 avant JC. dans les grottes de Bhimbekta, dans le Madya Pradesh.L'iconographie extrêmement rudimentaire des peintures murales Warli est construite autour d'un vocabulaire graphique dès plus basique: le rond, le triangle et le carré. Le rond et le triangle sont nés de l'observation de la nature; le rond de l'observation de la lune et du soleil et le triangle de celles de la montagne ou des arbres aux cimes pointées vers le ciel. Seul le carré ne semble pas né del'observation de la nature et apparaît alors comme une création de l'homme afin de délimiter l'enclos sacré, la parcelle de terrain. Aussi, le motif central de chaque peinture rituelle est celui du carré, le "cauk"(ou caukat), au centre duquel l'on trouve "Palaghata", la déesse mère, symbole de fécondité et de fertilité. Il est important de noter que les divinités masculines sont rares chez...
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