Journal d'une vie

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  • Publié le : 5 juin 2010
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Journal d’une vie

2 juin 1944 : Aujourd'hui, j'ai eu une permission. Je suis allé à Londres avec deux copains. On est allé boire un verre dans un pub. Cela me rappelle les samedis quand j'allais au bar avec mon frère. J'ai parlé avec une Anglaise de ma vie aux Etats-Unis, de ma vie à la ferme, car j'ai laissé ma mère seule avec mon frère pour s'occuper de tous les travaux de la ferme, ce quin'est pas une mince affaire en cette saison, car il y a le foin à renter et il faut s'occuper de tous les nouveaux nés dans le bétail. Je leurs envoie une partie de ma paie chaque semaine en espérant que cela leurs suffira pour s'en sortir sans moi. Je pense sans cesse à ma famille. Ici les nuits sont longues, je ne dors presque pas, j'ai peur de ce qui pourrait m'arriver dans les jours quiviennent, lorsque je serais au combat.

3 juin 1944 : Nous nous sommes entraînés comme tous les autres jours. Les exigences sont de plus en plus hautes, on est rongé jusqu'à la moelle par cette humidité. Je regrette Toccoa! Ah la Géorgie ! Après les entraînements, nous sommes allés manger, exceptionnellement un repas chaud lorsque le capitaine nous a appelés pour un entrainement d'urgence, je nesais toujours pas où nous allons sauter. Tout ce que je sais c'est que nous allons être parachutés sur la France. Ah ! ces Allemands, s'ils étaient restés tranquilles? on n'en serait pas là aujourd'hui. Je n'arrête pas de penser à ma mère et à mon frère. Comme ils me manquent, ainsi que les longues randonnées à cheval au milieu de mon bétail. Les miens aussi doivent s'inquiéter pour moi? je leursenvoie des lettres chaque fois que j'en ai l'occasion.

4 juin 1944 : Les entraînements sont arrêtés. Tout cela n'annonce rien de bon, nous allons certainement bientôt devoir intervenir. On reste là à attendre que l'on nous dise de grimper dans les avions. C'est insupportable d'attendre et de savoir que l'on va peut être mourir en sautant, d'autant plus que l'on ne sait toujours pas où l'onva devoir s'exécuter, je vais encore écrire une lettre à ma mère parce que ce sera peut être la dernière. Je prie tous les jours pour que Dieu me protège et que je puisse retourner au pays lorsque cette terrible guerre sera terminée. Il n'y a rien de plus angoissant que de rester là à attendre d'être envoyé au combat.

5 juin 1944 : Nos supérieurs nous ont appelés : c'était le grand jour. Noussommes montés dans les avions et je ne cessais pas de penser à ma famille. On a eu notre premier briefing et c'est là enfin que nous avons su où nous allions : c'était sur la Normandie à Sainte Mère Eglise. Ensuite, après plus d'une heure d'attente c’était le moment d'être parachuté; les Allemands tiraient de partout pour nous atteindre. Beaucoup de mes copains y sont restés, j'ai eu de la chance.Après, nous avons avancé dans les lignes ennemies, c'était horrible ; cela tirait de partout, je n'en pouvais plus. J'ai été blessé et on aurait du m'emmener à un hôpital de campagne, mais il n'y en avait pas encore puisque nous étions toujours en territoire ennemi. Maintenant je suis aidé par des camarades pour marcher et avancer dans les lignes ennemies. Qu'est ce que j'aimerais être chez moi! Ici, les journées sont longues et les nuits sont froides, c'est pour cela que je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire. J'espère que demain les alliés auront débarqués et que je pourrais enfin être soigné convenablement parce qu'ici les soins sont restreints, un pansement, une piqûre de morphine, même pas de désinfectant, rien, ce ne serait pas étonnant si l’on devait m’amputer la jambe àcause des soins médiocres que l'on a ici.
Et puis, j'ai peur que les copains ne me laissent dans un trou sous prétexte que c'est trop dangereux pour eux de me traîner à travers toute la Normandie, je pense qu'ils ne le feront pas mais je n'en suis pas sûr, je prie tout le temps pour ne pas mourir sans avoir revu au moins une fois ma famille.

6 juin 1944 : Les alliés ont débarqués, les...
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