Justice sociale

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1757 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
ECJS: l'école républicaine peut-elle être une école démocratique ?

Partie I
Dans un premier temps, il faudra voir sur quels principes repose le système éducatif actuel.

Napoléon Ier
Dès son accès au pouvoir, Napoléon manifeste une volonté de réformer le système éducatif français, afin de concurrencer les institutions privées; celles-ci demeureront tout de même préférées par lebourgeoisie. Avec la loi du 1er mai 1802, il crée les lycées (qui succèdent aux plus grandes écoles centrales), l'enseignement primaire et secondaire (géré par les communes), ainsi que l'enseignement supérieur. Seul le plus haut degré de formation est pris en charge par l'Etat.
Les élèves se distinguant aux écoles secondaires (plus tard appelées "collèges") pouvaient disposer de places gratuites au lycée.Ces lycées possèdent des classes d'un niveau supérieur, et sont considérés comme un second degré élitaire; on y enseigne, dans une discipline militaire, les lettres et les sciences.
L'enseignement tient un rôle essentiel pour Napoléon : il est supposé inculquer aux jeunes l'amour de la patrie, donner des gages à la bourgeoisie, stabiliser la société française (établir l'ordre et la discipline),mais aussi former des élites capables d'assister Napoléon dans son organisation de l'Empire. En 1808, il poursuit dans cette voie en instaurant l'université impériale, qui établit progressivement le monopole de l'Etat en ce qui concerne l'enseignement (notamment par des décrets limitant les institutions privées, ou catholiques). Globalement, le système scolaire napoléonien est un échec: lesétablissements publics restent peu nombreux, les lycées s'adressent à une élite, et les enseignants sont mal formés.
Le système éducatif actuel, bien que différant de celui de Napoléon sur plusieurs points, reste tout de même très marqué par certains de ses principes. On considère que l'Etat a aujourd'hui encore un rôle de formation (d'où l'apparition d'une éducation nationale).

L'idéal républicainconcernant l'éducation
Lors de la naissance de la République, celle-ci visait à promouvoir l'émergence de nouvelles élites (reconnues pour leur talent, leur mérite, plutôt que des héritiers de classes dominantes) et non pas le brassage social aujourd'hui recherché.

Après la première guerre mondiale, la massification scolaire devient un objectif pour la République : elle désire mettre fin à laséparation entre les élèves issus de classes populaires et ceux considérés comme "l'élite" de la nation (et auxquels sont réservés les lycées). L'éducation s'ouvre alors au plus grand nombre, dans un souci égalitaire: la durée du parcours scolaire s'allonge au fil du temps, et le nombre d'élèves scolarisés augmente. L'enseignement semblerait finir par se démocratiser et l'on assisterait à unnivellement de l'éducation (plus d'élitisme).

On assiste parallèlement à cette massification une multiplication des filières diplomantes, sensées permettre à tous l'obtention d'un diplôme.

Partie 2
Dans les faits, l'idéal républicain semble inaccessible : seuls ceux qui ont à l'origine une certaine éducation parviennent à réussir. Ce modèle présenterait donc des failles une fois mis enapplication.

Généralisation du bac
Dans l'optique de réduire les inégalités entre élèves, Jean-Pierre Chevènement (ministre de l'Education nationale à l'époque) lance pour objectif, en 1985, de mener 80% d'une classe d'âge au baccalauréat (cette aspiration sera reprise par ses successeurs). S'en suit alors une démocratisation de l'accès au à ce diplôme: en 2008, 63,8% d'une génération obtient lebaccalauréat, alors que ce taux n'était que de 29,4% en 1985.
Cette augmentation s'explique certes par une hausse du nombre de bacheliers généraux, mais aussi en partie par l'apparition du baccalauréat professionnel en 1987. En effet, parmi ces 63,8 % cités plus haut, 34,6% obtiennent le baccalauréat général (contre 19,8 % en 1985), 16,6% un baccalauréat technologique et 12,6 % un baccalauréat...
tracking img