Kaldor

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Macro-économie et effets de répartition : histoire et théories Maison des Sciences Économiques 27 avril 2007

halshs-00143948, version 2 - 8 May 2007

Alain Béraud1

KALDOR ET LA THÉORIE KEYNÉSIENNE DE LA RÉPARTITION

Résumé : Kaldor présente l’analyse qu’il fait de la répartition comme une théorie keynésienne. Son travail s’inspire, nous dit-il, des contributions de Keynes, dans leTraité de la Monnaie, et de Kalecki. Cependant, alors que Keynes et Kalecki développent des analyses de courte période, Kaldor décrit les caractéristiques d’un équilibre de longue période si bien que le mécanisme d’ajustement sur lequel il s’appuie, la flexibilité des taux de marge, est inapproprié. Pasinetti, en suggérant de l’article de Kaldor reposé sur une erreur logique et que la correction decette erreur permettrait de montrer que le taux de profit — en équilibre de longue période — ne dépend que du taux de croissance naturel de l’économie et de la propension à consommer des capitalistes, relança le débat. Cependant, sa thèse apparaît comme douteuse. D’une part, l’équilibre qu’il décrit n’est pas unique et il se peut que, dans certaines circonstances, l’économie tende vers un autreéquilibre dont les caractéristiques sont déterminées par la propension à épargner des salariés. D’autre part, l’idée que la fonction d’épargne proposée par Kaldor est logiquement incohérente est sans fondement. Enfin, l’hypothèse cruciale sur laquelle repose le raisonnement de Pasinetti, l’existence d’une classe d’individus qui tirent des profits la totalité de leurs revenus ne paraît guère caractériserde façon pertinente les systèmes économiques qui prédominent dans les économies développées. Mots clefs : Répartition, Kaldor, Keynes, Kalecki, Pasinetti Classification JEL : B22, E12, E25, O40

Alain Béraud, Théma, UMR CNRS 8184, Université de Cergy-Pontoise, 33 boulevard du Port, 95 011 CergyPontoise Cedex, beraud@u-cergy.fr, http://www.u-cergy.fr/beraud/.

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Quand Kaldor publia en 1955-1956 son article sur les théories de la répartition, sa contribution fut interprétée comme une tentative pour résoudre les questions que posait le modèle de croissance qu’Harrod (1939) et Domar (1946) avaient développé sans pour cela s’appuyer sur la théorie néo-classique de la répartition. Plus précisément, quand Harrod avait voulu appliquer lathéorie keynésienne à l’analyse de la croissance, il s’était heurté à deux difficultés. Si les autorités peuvent, en stimulant l’investissement, assurer l’équilibre sur le marché des biens, leur intervention ne fait que reporter le problème. D’un côté, il n’est nullement évident que l’investissement ainsi réalisé permette de fournir à la main d’œuvre les moyens de production dont elle a besoin : lecapital ainsi créé peut être insuffisant ou excessif. De l’autre côté, l’investissement crée des capacités productives qui peuvent apparaître excessives ou insuffisantes pour satisfaire la demande induite par le revenu qu’il suscitait. On retrouve ainsi la difficulté que Malthus avait soulignée au début du 19ème siècle : l’insuffisance de la demande effective peut venir limiter la croissance duproduit et une croissance équilibrée de plein emploi apparaît comme impossible. Solow (1956) et Swan (1956) suggérèrent que le coefficient de capital qui, dans les analyses d’Harrod et de Domar, est supposé constant, est, en fait, variable. Si la main d’œuvre vient à manquer le taux de salaire réel augmente ce qui incite les entrepreneurs à choisir des techniques qui utilisent moins de travail. Si, aucontraire, les travailleurs sont en surnombre, le taux de salaire réel diminue et les entrepreneurs choisissent des techniques qui emploient plus de travail. La substitution capital-travail assure, ainsi, le plein emploi. Mais, Kaldor rejetait ce recours à la théorie « néo-classique » de la répartition. Le problème fondamental d’une telle approche réside, selon lui (Kaldor, 1955-6 : 220-3),...
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