Kant action morale

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  • Publié le : 17 octobre 2010
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Qu’est-ce qui fait que mon action peut être qualifiée de morale ? Kant, dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs, tente de répondre à cette question. Il y répond d’une manière double : d’abord, en définissant la moralité. Ensuite, en donnant un critère permettant de savoir si mon action est morale. Ici, nous allons nous demander, avons-nous dit, ce qui rend une action "bonne". Cettequestion est synonyme de la question suivante : qu'est-ce qui fait qu'une action est dite "morale" ? C'est dire que l'éthique a un objet particulier : il s'agit du bien moral. Tout le monde sait que l'action moralement bonne, c'est l'action qui est conforme aux "règles", aux "lois". Mais est-ce si facile que ça de déterminer si une action est bonne moralement ? Ce qui fait qu'une action est moralementbonne, est-ce vraiment la conformité aux règles ? Cela ne reviendrait-il pas à confondre droit et morale ? Ou encore, légalité et moralité ? Est-ce une bonne loi ? Est-il moral d'obéir à cette loi ? S'il est illégal (contraire à la loi écrite, au droit "positif") de ne pas y obéir, il est peut-être moral de ne pas y obéir. La morale correspond plus à une idée, à un idéal, qui se trouve dans une"conscience morale". Elle se veut également absolue, non relative. Mais si l'action bonne moralement est donc celle qui n'est pas strictement conforme aux règles/ lois, alors, qu'est-elle ?
Kant, dans les Fondements de la Métaphysique des Mœurs, tente d'y répondre. Reprenons notre propos : il nous paraît facile de déterminer quand une action est moralement bonne. Il y a action moralement bonne,quand cette action est en conformité avec ce qui est bien, tout simplement. C'est un truisme, certes, mais c'est comme ça. Ainsi, celui qui est honnête, celui qui porte secours à son prochain, etc., accomplissent des actions moralement bonnes. Kant va critiquer cette opinion communément admise : ces actions ne sont pas, ou en tout cas pas automatiquement, moralement bonnes. Ce n'est pas, en effet,par la conformité avec ce qui est bien, qu'une action est rendue moralement bonne.
On voit bien, ici, les enjeux de la détermination de la morale en termes d'obligation, de devoir, de commandement : agir moralement, c'est faire quelque chose même si on n'en a pas envie, même si cela va contre nos désirs, même si cela s'oppose au bonheur... et, surtout, ce n'est pas faire quelque chose parce queça vous est utile, ou parce que cela devrait vous rendre heureux, etc.
Notre conduite n’est moralement bonne que si elle est animée par le seul souci de respecter la loi morale elle-même, et non pas parce que nous y aurions intérêt, ou parce que cela serait favorable à notre bonheur. Ce qui confère à une action sa valeur morale, c’est l’intention qu’on a d’agir par devoir, et seulement pardevoir. Ie : une action moralement bonne, c'est une action qui est mue par le seul souci de faire le bien.
C’est quoi, une action accomplie seulement dans l'intention d'agir par devoir ?
C’est ce qu’il nous explique dans la deuxième section de son œuvre, en nous donnant la formulation du devoir. Comment bien agir, et comment savoir si on agit bien ? il suffit de partir du fait que l'actionmoralement bonne, donc, l'action faite uniquement par devoir, est une action complètement désintéressée. Voici sa première formulation : " Agis comme si la maxime de ton action pouvait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature ". Ou : "Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle". Il appelle cette formulation du devoirl'impératif catégorique. Tu dois donc tu peux. Il y a deux manières de faire son devoir : l’une consiste à faire son devoir parce que l’on a socialement, voire psychologiquement intérêt à le faire et que faire son devoir (par exemple venir en aide à autrui dans la détresse) est exigé de soi sous la menace de sanction juridique ou psychologique (mépris des autres). L’autre consiste à faire son...
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