Kant la peur de la mort

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  • Publié le : 19 avril 2011
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PHYLOSOPHIE
La peur de la mort
" La peur de la mort qui est naturelle à tous les hommes, même aux plus malheureux, et fût-ce au plus sage, n'est pas un frémissement d'horreur devant le fait de périr, mais comme le dit justement Montaigne, devant la pensée d'avoir péri (d'être mort); cette pensée, le candidat au suicide s'imagine l'avoir encore après la mort, puisque le cadavre qui n'est pluslui, il le pense comme soi même plongé dans l'obscurité de la tombe ou n'importe où ailleurs. L'illusion ici n'est pas à supprimer; car elle réside dans la nature de la pensée, en tant que parole qu'on adresse à soi-même et sur soi-même. La pensée que " je ne suis pas " ne peut absolument pas exister; car si je ne suis pas, je ne peux pas non plus être conscient que je ne suis pas. Je peux biendire: je ne suis pas en bonne santé, etc., en pensant des prédicats de moi-même qui ont valeur négative (comme cela arrive pour tous les verba) mais, parlant à la première personne, nier le sujet lui-même (celui-ci en quelque sorte s'anéantit) est une contradiction. "
Kant

BIOGRAPHIE :

Kant est une des figures majeures de l'histoire de la philosophie. Sa doctrine embrasse tous les domaines dela pensée et renouvelle entièrement les perspectives de l'anthropologie, de la métaphysique, de la logique, de la morale et de l'esthétique, opérant une véritable «révolution copernicienne». La philosophie critique qu'il inaugure, d'une exceptionnelle densité, constitue toujours l'une des références indispensables de toute culture philosophique.
Portrait

Né à Königsberg, en Prusse-Orientale,en 1724, Kant ne s'éloigna jamais de cette ville. Fils d'un modeste artisan sellier d'origine écossaise et d'une mère dont la piété devait marquer son enfance, il fut soutenu dans ses études par un oncle cordonnier. Au collège, puis à l'université, il montra de sérieuses aptitudes pour les sciences, les mathématiques et la philosophie.
Le professeur et l'homme

D'abord précepteur chez unpasteur de campagne et dans diverses familles des environs, il enseigna, dès 1755, en qualité de Privatdozent (aspirant-professeur) et, quinze ans plus tard, obtint le titre de professeur titulaire de logique et de métaphysique, grâce à sa Dissertation de 1770, écrite en latin (De la forme et des principes du monde sensible et du monde intelligible). Dès lors, Kant se consacra entièrement, d'une part, àl'élaboration d'une doctrine profondément méditée, dont témoigneront, à partir de la Critique de la raison pure (1781), de grandes œuvres originales et, d'autre part, à un enseignement qu'il dispensera avec exactitude, pendant plus de quarante ans et à raison de cinq heures par jour, jusqu'en 1797, date à laquelle, sentant ses forces décliner, il prit congé de la faculté pour mettre la dernièremain à l'un des systèmes les plus vastes et les plus fortement charpentés de toute l'histoire de la philosophie.

Cette œuvre était le fruit d'une vie réglée avec minutie. Kantavait lui-même établi son emploi du temps avec une précision d'horloger: «Si j'étais dans le besoin, le dernier objet que je vendrais serait ma montre!» Un de ses familiers, le conseiller von Hippel, en avait même tiré unecomédie, l'Homme à la montre (1760). Été comme hiver, invariablement réveillé par son serviteur Lampe à 4 h 55, il buvait deux tasses de thé, fumait sa seule pipe de la journée et s'asseyait à son bureau (qu'il appelait son enclume). À 7 h 45, les jours où il allait à la faculté, il commençait à tourner en rond; à 7 h 50, il mettait son chapeau sur sa tête; cinq minutes plus tard, il prenait sacanne et, au premier coup de 8 heures, il ouvrait la porte de sa voiture, si bien que, comme l'a noté son secrétaire et biographe Jachmann, «il servait véritablement d'horloge à tous les habitants du quartier». L'après-midi, le philosophe faisait sa célèbre promenade, toujours la même, qui durait une heure. On ne le vit, dit-on, que deux fois en quarante ans dépasser la limite où il s'arrêtait...
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